Palerme

Je suis dans le car qui fait la navette de l’aéroport au centre ville. Il faut cinq minutes pour arriver à la ville et vingt minutes pour arriver au centre ville. Les voitures se collent et les deux roues se faufilent entre elles. Le bus dépose ses passagers à la gare, dont l’esthétique ne permet pas de penser que vous êtes devant une gare, il faut rentrer dedans pour le comprendre. Je dois trouver l’auberge de jeunesse, je regarde mon plan et je regarde autour de moi quel est le nom des avenues. J’ai à peu prés compris où je me trouve, je pense que je retrouverais facilement mon chemin plus tard alors je décide d’aller en direction de la mer. Je marche depuis cinq minutes et j’ai déjà croisé cinq grossiste chinois. Je pense que Palerme n’a pas une envergure internationale, je ne comprends pas tout de suite ce que je vois et puis je pense à la mafia, elle, elle a une envergure internationale, elle sait se propager dans tous les systèmes et sur toute la planète alors je pense qu’ils ont noué quelques liens professionnels, quelques liens commerciaux avec les pays asiatiques. Je remarque que les trottoirs sont particulièrement petits pour une grande ville, certains sont même symboliques. Il y a de la place pratiquement que pour une seule personne, pas pour tout les trottoirs mais pour certains. La taille de certains trottoirs explique le fait qu’à certains endroits les piétons utilisent la route. Le fait que les voies, les rues, les boulevards et les avenues soient de taille réduite explique que les trottoirs le soit aussi. Il est clair que les personnes qui ont participés au développement urbain de Palerme n’était pas des visionnaires, ce qui est bizarre car la mafia sait croître, sait s’adapter, peut être qu’elle se plait dans une ville agencé comme Palerme ou peut être qu’ils n’avaient pas compris que le bien être pouvait rendre très riche. Je ne connais pas le nord de l’Italie, peut être que c’est pareil et si c’est le cas, cela veut dire que c’est juste une habitude, une équipe non gagnante qu’ils croyaient gagnante. Les « on dit » disent que l’Italie du Nord et l’Italie du sud sont deux cultures différentes. La différence en matière d’économie peut donner raison à ces « on dit ». Il y a les citadins du nord qui vivent en occident et les siciliens qui vivent en Sicile, une île où la mort dicte le chemin à suivre et où les costards plein de sang n’ont rien à envier à la stratégie occidentale. Palerme est une ville qui vous pousse à changer vos habitudes. Après être passé dans cette ville vous vous étonnerez à marcher sur la route plutôt que sur les trottoirs. Cette ville casse les règles que beaucoup d’occidentaux ont l’habitude de respecter, c’est une des facettes que j’ai le plus apprécié même si ça a ces revers. Le monde occidental a inscrit des règles de vie dans les mémoires, comme le respect des passages piétons. Le français respectueux des codes, vous dira qu’il ne faut pas rouler sur un passage piéton lorsqu’une personne est engagée, il peut aussi vous dire qu’il est dangereux ou interdit de doubler une voiture lorsque la ligne blanche est continue. Le français bien formaté se forgera une image de ces codes, des ces interdits, après formatage, un passage piéton devient un passage à haut risque lorsqu’il est utilisé par un passant, c’est comme si le piéton était propriétaire de la surface que les bandes blanches représentent, le passage devient alors une propriété privée lorsqu’il est emprunté et l’automobiliste, à cet instant n’a plus de droit de passage et si il enfreint cette règle il prend le risque de ce faire verbaliser. Il en est de même pour la bande blanche continue, après formatage, l’image que certains en ont, c’est l’image d’un mur, voir d’un ravin, passer sur cette ligne reviendrait à foncer dans un mur ou à se jeter dans un ravin. A Palerme, si il y a de la place sur un passage piéton, pour des passants et des voitures alors vous verrez que les automobilistes rouleront sur le passage piéton même si il est utilisé. A Palerme, les choses sont comme elles sont, elles ont des images qui sont les leurs, un passage piéton c’est un marquage fait avec de la peinture et il en est de même pour la ligne blanche continue. Prendre une mauvaise décision peut entraîner la mort d’un piéton, d’un automobiliste, d’un conducteur de deux roues mais rouler sur de la peinture, au sens propre, ça n’a rien de dangereux, à part si il a plu et que vous êtes en moto. Ici, on voit la réalité et on s’accorde avec elle, la façon de penser correspond à la réalité et non à un monde virtuel. Beaucoup de gens assimilent cette vision à l’anarchie, pourquoi, l’encadrement revient à encadrer, à délimiter et à limiter la pensée. Savoir réfléchir de façon logique, cohérente, en rapport avec son mode, cela ça s’apprend et il n’y a que trois règles, la physique, la chimie et le psychisme. Le code de la route n’est pas cohérent tout le temps, ce n’est pas que ce n’est pas possible, c’est que cela coûterait beaucoup trop chère en signalisation et les radars automatiques sont bien trop rentables pour que l’on s’occupe de créer un code de la route qui soit cohérent avec l’environnement des automobilistes. Les immeubles qui m’entourent sont tous vieux et ceux qui bordent les avenues étroites ont une bonne couche de pollution sur leurs façades. Certains semblent abandonnés, les fenêtres et les volets sont cassés et l’apparence globale est morbide. J’arrive devant la mer, je traverse la deux fois deux voies et j’arrive sur une promenade qui ne ressemble pas à grand-chose. Je pensais arriver à une plage où il y aurait quelques commerces mais il n’y a rien, pas de sable, ni de commerces, juste une digue faite de rochers. Un chemin goudronné de six mètres de large longe la mer, le reste du décor est composé d’espaces verts très basiques, la pelouse n’est pas vraiment arrosé, elle ressemble plus à de l’herbe de la savane et il y a des palmiers. Ce lieu n’est pas accueillant, normalement le bord de mer est un endroit vivant où l’on vient avec le sourire mais ici ce n’est pas le cas. Il y a quelques personnes mais je ne pense pas qu’elles passent leur après midi ici. Il me semble que je n’ai pas vu de bancs, pas d’espace verts qui ont demandé de la réflexion, de la création, pas d’endroits de détente, pas de marchand de glace et pas non plus de marchand crêpe. Un bord de mer conviviale, bien aménagé, avec des commerces, c’est un bord de mer qui vit et qui fait gagner de l’argent, ici c’est tout le contraire. Quand il fait beau, il y a un peu de monde, les gens doivent penser qu’ici c’est le paradis, ils ne sont plus coincés entre le flot de voitures et les immeubles et ils sont un peu plus loin des klaxonnes que l’on peut entendre environ une fois toutes les dix secondes, si l’on faisait une moyenne. Je pars en direction de l’auberge de jeunesse, je dois retrouver l’avenue de tout à l’heure et avec mon plan ce n’est pas facile, de plus, je ne comprends rien aux panneaux qui indiquent les rues. Le décor ne change pas, je continu de voir des immeubles qui ont des façades déprimantes alors que je suis dans une avenue du centre ville, avenue qui n’est pas plus large qu’une route de campagne. Les conducteurs de deux roues ne portent pas forcément de casque. Cela doit dépendre de la personnalité de chacun et pour ce qui est de la conduite, ils ont à peu prés tous la même mentalité, c’est-à-dire profiter de l’avantage du deux roue. Ici, à Palerme, dans le centre ville, j’ai vu un conducteur de scooter doubler une voiture de police à une vitesse qui devait avoisiner les 70 km/h et il n’a pas était pris en chasse, ici c’est normal. Sur le coup, ça m’a surpris et puis on s’y fait. Une fois, j’ai vu deux filles sur un scooter, elles étaient au feu rouge, la conductrice avait un casque mais pas la passagère. La passagère se cachait , elle mettait sa tête à droite de celle de la conductrice. J’ai alors regardé ce qu’il y avait de l’autre coté de la route et j’ai compris pourquoi la passagère ce cachait, enfin, compris, oui et non. Au croisement il y a des policiers qui contrôle un automobiliste. Le feu passe au vert et les filles partent, à ce moment là, je me suis demandé s’il existait une loi qui obligeait à porter un casque mais franchement si il y en a une, elle ne sert à rien. Il y a beaucoup de conducteurs de deux roues qui n’ont pas de casque et ceux là, s’ils avaient deux bras de plus, ils téléphoneraient et fumeraient en conduisant. On dit que les français ne respectent pas les règles mais franchement ce n’est pas vrai, nous sommes bien trop gentils. Je parle des policiers et cela me fait penser, qu’il y a autre chose qui m’a marqué. En France, je n’ai jamais vu de personnes habillés en costard, monter dans des voitures allemandes hauts de gammes qui ont sur le toit le gyrophare de la police. Peut être qu’il est possible de voir ça à Paris, je pourrais presque le comprendre mais à Palerme ça m’a choqué. L’Italie et la Sicile sont pour moi deux pays différents, je dis ça, alors que je ne connais pas l’Italie du nord, j’y suis allé quand j’étais gamin, j’en ai des souvenirs très flou. A travers ces costards qui montent dans des voitures allemandes équipées de gyrophares j’ai vraiment eu l’impression d’être dans une ville importante. Cela donne l’impression que Palerme est la capitale de la Sicile, donc que la Sicile est indépendante de l’Italie et ce ne peut être autrement. Ces images font parties de cette mosaïque mafieuse que vous pouvez reconstituer avec d’autres images appartenants au même monde. Peut être que c’est une marque de fabrique de la mafia de se balader dans des berlines allemandes noirs avec les vitres teintées et avec le gyrophare sur le toit. A Londres vous pourrez voir des policiers qui roulent en série cinq mais elles sont aux couleurs de la police, ce qui visuellement parlant n’est pas terrible, je préfère le style italien. Je trouve un panneau qui indique l’avenue que je cherche mais le sens du panneau me parait ne pas être bon. Je regarde au coin de l’avenue et des rues, si il y a des noms mais j’en vois rarement et je n’ai pas toutes les rues sur mon plan. Je traverse toute l’avenue, là je vois un autre panneau indiquant l’avenue que je cherche mais le sens du panneau n’est pas le même que le précédent, je ne comprends pas leur système. A partir de ce moment je comprends que ça ne va pas être facile. Je continue de chercher, j’attends d’être bien déboussolé pour m’avouer vaincu. Le point de rupture est arrivé, j’en peux plus, je demande mon chemin à une personne qui m’a l’air d’être du coin, ses indications m’ont ramenées où j’étais tout à l’heure. Je ne sais pas si je vais trouver mais je vais dans le sens qu’il m’a indiqué, sur les immeubles il n’y a pas de panneaux indiquant le nom de l’avenue, ce n’est pas gagné. Quelques minutes plus tard j’aperçois un panneau sur la façade d’un immeuble, je saute sur l’occasion et je regarde si j’ai le nom de cette rue sur mon plan. Je l’ai, cette rue se trouve quelques rues avant la mienne mais à quelle distance est elle. Pour comprendre pourquoi c’est la galère il faut savoir que lorsque j’ai deux rues sur mon plan, il y en a quatre dans la réalité, de plus une avenue sur mon plan peut être une ruelle dans la réalité et pour me faciliter encore un peu plus la tache, l’échelle de la distance est plus que bizarre. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer. Quelques minutes plus tard, quelques montées en tension plus tard, je trouve la rue. Si vous voyagez seul mieux vaut être une personne zen et surtout mieux vaut être seul que mal accompagné. La rue n’a pas fière allure, j’ai connu plus accueillant, plus attirant, bien plus attirant. La rue est petite, pas vraiment propre et les immeubles qui la bordent ont la force de vous faire grimacer. Je rentre dans cette rue sans enthousiasme et sans être optimiste pour la suite de l’aventure. A ma gauche, des rideaux de fer baissés, des scooters qui me doublent et à ma droite encore des rideaux de fer. A Palerme il faut suivre la même règle qu’à Marrakech, dans les petites rues vous devez marcher à gauche ou à droite, pour laisser passer les deux roues et plus rarement, les voitures. Attention certains pilotes de scooters se permettent de rouler à une vitesse assez élevée., la rue dont je suis entrain de parler ne fait pas plus de quatre mètres de large et dans cette rue j’en ai vu quelques uns qui devaient rouler à 50 km/h. A savoir que dans la rue « piétonne », la journée, il y a un peu de passage et le soir une partie de la rue est presque blindée. A savoir aussi, que je ne respecte pas le code de la route pour ce qui est des limitations de vitesses donc pour m’impressionner sur ce sujet il faut atteindre un certain niveau. Un soir, il y en a un qui m’a plus marqué que les autres, celui là quand je l’ai vu arriver, je me suis dit qu’il allait embarquer deux ou trois fêtards au passage mais en fait nan, il a bien slalomé. J’expliquerais plus tard d’où sortent ces fêtards. Je parle là de celui qui m’a le plus marqué mais les autres ne sont pas moins dangereux si vous ne faites pas attention. Une autre règle de vie à respecter à Palerme, les piétons sont prioritaires nulle part, les rues piétonnes n’existent pas. Ce n’est pas parce que vous êtes sur un trottoir que vous n’allez pas voir un scooter arriver. Quand il pleut, vous croyez quoi, que le sicilien sur son scooter va attendre derrière les voitures que ça veuille bien avancer. Je précise qu’étant donné la taille de certaines rues et avenues, il n’est pas tout le temps possible pour les conducteurs de scooters et de motos de se faufiler par le milieu, reste alors qu’une solution, le trottoir. Je suis resté moins d’une semaine à Palerme et il y a deux fois où j’ai dû me pousser pour laisser passer un scooter alors que j’étais sur un trottoir, donc cela doit arriver fréquemment. Cinquante mètres plus loin je tombe sur l’auberge de jeunesse, elle n’a rien d’extraordinaire mais ce n’est pas un taudis. Une fois de plus, je fais comme si je comprenais l’anglais, la réceptionniste me donne la clé de la chambre. Les escaliers sont en marbre, le bas des murs est peint avec un jaune délavé et le haut est blanc. Les italiens sont connus dans le domaine de la mode, pour leurs goûts raffinés, là c’est sûr la Sicile ce n’est pas l’Italie. Le reste de l’auberge, pour ce qui est de la décoration, est juste catastrophique. L’entretien n’est pas génial non plus, il y a plusieurs douches, cela permet de choisir la plus accueillante. La chambre est correcte, il y a quatre lits, les matelas sont confortables, c’est vieux mais propre et il y a de la place. Je vais sur le balcon, la vue est grandiose, en bas, la rue par laquelle je suis arrivé et face à moi les restes d’un immeuble. Il reste un quart de la façade de bas en haut. A l’intérieur un arbre occupe la place, il doit faire cinq mètres de haut, je ne suis pas pépiniériste mais je pense qu’il a fallut à peu prés quatre ans au minimum pour qu’il atteigne cette taille. Comment se fait il que le propriétaire, car il y a forcément un propriétaire, n’est pas fait un minimum de travaux. Il faut croire qu’un terrain dans le centre de Palerme ne vaut rien, certains triment toute leur vie pour être détenteur d’un sol, de quatre murs et d’un plafond et j’ai en face de moi un bien qui a était détruit par l’usure et aujourd’hui seul le temps en est le propriétaire. Il est clair que tout le monde ne vit pas dans le même monde, il y a ceux qui façonnent les rouages de la démocratie et il y a ceux qui sont entraînés par ces rouages. Le reste de la rue n’est pas vraiment plus photogénique. Je choisis un lit et je vais prendre une douche. Je monte ensuite au dernier étage, je veux voir à quoi ressemble le salon et la cuisine. Le confort des canapés est comme leur style, dépassé et la cuisine ça passe, au niveau des rangements c’est un peu le bordel mais j’ai compris dans quel monde j’avais atterris donc je ne suis pas surpris. Les horloges se sont arrêtées pendant une décennie dans cette ville, ce n’est pas possible autrement. Sur la terrasse, les pots des arbustes ont cédés sous la pression des racines, ils sont comme le reste de la vieille ville, fracturés. Je fais un peu le marseillais mais je trouve que le mot fracturé convient assez bien à l’image que reflète cette ville qui est le berceau, l’épicentre de l’histoire de la Cosa Nostra. Pour moi Palerme à une âme, cette ville a de la personnalité et j’adore ça. Maintenant que je sais où se trouve l’auberge, je peux me permettre d’aller me promener. La nuit est tombée, je sors de l’auberge et je pars en direction de l’avenue. Quand je suis passé dans la rue tout à l’heure je n’ai vu que des rideaux de fer baissés, la rue baignée dans un atmosphère calme, dans une ambiance de rue de dortoir mais derrière ces rideaux se cachaient un monde beaucoup plus vivant. La rue, une fois les rideaux levés, se transforme en un lieu de rendez vous privilégié pour les jeunes, les rideaux ont levés le voile sur deux, trois snack et un paquet de bars. Ce soir il va y avoir de l’animation, les jeunes commencent à arriver et la musique qui sort des bars monopolise la rue. J’arrive à l’intersection de ma rue et de l’avenue, il y a une barrière, elle n’était pas là tout à l’heure, à cette heure là la rue devient accessible uniquement pour les deux roues et les piétons. Je ne pense pas qu’une rue puisse être entièrement piétonne dans cette ville. Le deux roues est un art de vivre ici, si le fabricant italien de scooters le plus connu en Italie et sûrement au monde, devait mettre la clé sous la porte alors cela voudra dire que les italiens accorderaient moins d’importance à leur culture. Je regarde derrière moi et je me demande à quelle heure es ce que les bars vont fermer. Je ne suis pas venu ici pour faire des nuits de douze heures, ni pour squatter l’auberge mais j’aimerais bien pouvoir dormir quand je serais dans mon lit. Je pars en direction de la Piazza Giuseppe Verdi, le fait qu’il fasse nuit rend le décor encore plus sinistre. La saleté est bien présente, sacs plastiques, cartons et autres déchets sont propriétaires de certaines parcelles de trottoirs. Cette ville est faite pour le cinéma, l’ambiance que dégage les immeubles est assez noir, peut être qu’une ville sale et avec des bâtiments en mauvaise état peut rapporter de l’argent. Le métier de chasseur d’ambiance doit être sympa mais il faut connaître des réalisateurs. J’arrive à la place, devant moi sur la gauche se dresse un imposant bâtiment, le théâtre Massimo, son dessin n’est pas du travail d’orfèvre mais sa taille, sa masse et ses formes donnent un résultat harmonieux, moi j’aime bien. Je ne suis pas allé à l’intérieur mais ça doit être quelque chose, je pense que le mot « volume » doit convenir particulièrement bien si l’on doit décrire les pièces du théâtre. Cette impression d’avoir un beau bâtiment devant les yeux est terni par le décor, l’environnement du sujet. Le théâtre est bordé sur deux cotés par deux avenues et les deux autres sont bordés d’immeubles et de parkings. Le devant, l’entrée est un peu aménagé, rien d’extraordinaire, il y a des dalles et deux, trois arbres. Si le théâtre était dans un parc, même petit, ce serait un endroit sympa, ce serait agréable car au jour d’aujourd’hui le décor et l’ambiance qu’il reflète donne tout simplement envie de continuer son chemin. Je me suis arrêté cinq minutes pour essayer de faire une belle photo mais si je n’avais pas eu d’appareil photo je ne me serais pas arrêté plus de deux minutes. Ce monument restera pour moi le plus sympa de Palerme. Je continu la visite, je décide de partir dans les petites rues, elles se ressemblent toutes, pas très éclairées, un peu tristes mais pas vraiment sales, d’après moi c’est surtout quand il y a des magasins ou des poubelles pas loin qu’il y a des déchets. Le métier d’éboueur doit être mal vu, mal supporté, en Sicile et en Italie du sud. Entre la vision d’un homme qui permet aux autres de vivre dans la propreté et celle d’un homme qui ramasse les merdes des autres, il y a un fossé non négligeable. Dans ces petites rues il n’y a rien, il n’y a pas de vie, elles me font penser aux ruelles des villages espagnoles sauf qu’ici vous êtes entre des immeubles et les façades ne sont pas décoratives. Les ruelles me font sortir sur l’avenue qui est perpendiculaire à celle qui est à coté de l’auberge. Elle n’est pas très large non plus, il n’y a que deux voies. J’aperçois au fond, en direction du sud, un monument qui ressemble à l’arc de triomphe, c’est trop loin, j’ai déjà pas mal marché aujourd’hui, j’irais voir ça un autre jour. Je n’avais pas fait attention mais l’avenue est déserte, il y a quelques voitures mais par rapport au trafic de la journée ça n’a vraiment rien à voir, à Londres c’est pareil mais à Londres la journée vous n’avez pas un coup de klaxonne toutes les dix secondes donc ici la différence de sonorité entre le jour et la nuit est un pur contraste. J’arrive à une intersection, elle fait partie des lieux à voir à Palerme, cette intersection s’appelle « Quattro Canti », c’est le point centrale des quatre quartiers qui forment la partie centrale de Palerme. A cette intersection, vous verrez quatre façades d’immeubles, les quatre façades arborent un style identique, un style composé de colonnes, de fontaines et de statues. Le théâtre Massimo m’a plut mais ce n’est pas un bâtiment qui casse les codes de l’architecture par contre je pense que l’intersection des « Quattro Canti » peut marquer les esprits. Cet endroit serait vraiment beau s’il était entretenu mais pour l’instant il faut se contenter d’un beau travail noircit par la pollution. Une chose est sûre quand un palermitain paie ses impôts, il ne paie pas pour l’entretien de sa ville, il ne travaille donc pas pour son bien être ni pour celui de la communauté. Je retourne à l’auberge, la jeunesse palermitaine c’est donné rendez vous dans la rue de mon auberge. Je n’ai pas vu de rue similaire pour l’instant et je n’en verrais pas. Il y a des tables des deux cotés de la rue et le milieu reste libre pour le passage des piétons et des scooters. La musique est forte, j’espère que l’isolation phonique des chambres n’est pas trop mauvaise sinon je ne vais jamais dormir. Je monte dans la chambre, c’est bien ce que je pensais, ont entend bien la musique. Je me dis que la fenêtre doit être mal fermée mais elle l’est alors je ferme les volets, en me disant que ça atténuera peut être un plus le bruit. La fenêtre est fermée et les volets aussi et j’entends la musique comme si j’étais dans la rue. Je suis dans mon lit et je commence à rigoler, c’est nerveux, je suis entrain d’halluciner, comment peut on proposer aux gens de dormir dans un logement si peut isoler et dont la rue d’en bas est rempli de bars. Je ne suis pas du genre à m’endormir en cinq minutes, ni même en trente minutes, ni même en une heure, je dois mettre en moyenne deux heures avant de trouver le sommeil et ça, c’est quand je suis dans un environnement silencieux. Je sais que je ne dormirais pas tant que les bars seront ouverts. Je me demande quelle est la clientèle des bars, si c’est des chômeurs, des étudiants ou des travailleurs, j’aimerais bien avoir la réponse mais pour l’instant il y a qu’une seule chose que je sais, c’est qu’ils ont un rythme de vie de fêtards. Je n’ai pas regardé l’heure à laquelle je me suis endormi mais je pense quelle devait avoisiner les cinq, six heures du matin. La musique s’arrête, les jeunes finissent de discuter et les derniers scooters partent, après ma nuit a pu commencer. Ce sera comme ça tous les soirs, je ne sais pas si je suis tombé sur une semaine spéciale mais les bars sont là toute l’année et ils n’ouvrent qu’à partir de sept heures du soir donc ce doit être comme ça toute l’année. Il aurait fallu que je me mêle à cette ambiance, humainement ça aurait était intéressant mais financièrement j’aurais était en excédent. Le lendemain je vais me promener un peu partout, je tombe sur des marchés, ils sont éparpillés un peu partout et il y a beaucoup de produits, je comprends pourquoi je ne trouvais pas de supermarchés, voir même de simples magasins de proximité et je pense que c’est très bien comme ça. A Malaga, en Espagne ou dans d’autres villes espagnoles vous trouverez facilement un supermarché en pleine ville. L’ambiance au marché est assez feutré, il y a de la vie mais personne ne cri, c’est appréciable. Les rues où sont implantés les marchés sont des rues ordinaires, bien que vous vous trouvez dans une rue dont l’aspect n’est pas accueillant vous pouvez quand même tomber sur un marché qui grouille de vie. Ne vous fiez pas aux apparences, la ville ne reflète pas un sentiment de sécurité mais quand vous marchez, vous vous rendez compte qu’il y a tout le temps du mouvement, les gens ne se regardent pas les uns les autres, tout le monde fait sa vie. Cela revient à se dire « pourquoi je me ferais agresser, personne ne s’attarde sur moi ». Bien que cela puisse paraître contradictoire avec certains de mes propos, cette ville arrive à créer une des sensations du bien être. Je continu la visite, j’arrive dans un espace vert, dans la fontaine il n’y a plus d’eau, les plantes n’ont pas étaient arrosées depuis un bon moment, les bordures en bétons des massifs sont cassées et le banc en béton que je vois n’est plus un trois places, aujourd’hui c’est un deux places. J’arrive à me sentir bien dans cette ville mais ce n’est pas grâce aux endroits dédiés à la relaxation, au bien être, cette ville est bizarre. Je n’ai pas vu d’endroits où je pouvais m’asseoir dans un milieu naturel où règne le calme et la beauté. Palerme n’est pas une station thermale et même si il y avait des sources elle ne pourrait pas l’être. Il n’y a pas de grande place, ni même de petite place, de terrasse pour boire un coup, pour manger, la verdure n’a pas son mot à dire dans cette ville et quand il y en a, elle n’est pas en forme. A voir l’état des espaces verts on peut se dire que l’entretien est un mot sans sens ici et pourtant il est possible de voir des branches d’arbres coupées qui encombrent un trottoir. Le paysagiste coupe après qui es ce qui ramasse, ça c’est une autre histoire, vous pouvez aussi voir une poubelle d’ordure ménagère remplie de déchets de végétaux, à croire que le service d’entretien n’a pas de camion benne. Le sens du travail bien fait doit avoir une certaine signification dans cette ville, peut être que les employés municipaux sont aussi les employés d’un système qui se développe en parallèle du système officiel. Je passe devant quelques monuments historiques, dont l’arc de triomphe et comme d’habitude le décor n’est pas harmonieux, c’est vraiment dommage. Un soir je réfléchis à ce que je peux faire mis à part me balader dans Palerme, je décide donc d’aller sur Internet pour regarder si le train peut me poser dans un village, que ce soit sur la cote ou dans les terres. Je vois qu’il y a un village pas trop loin, je fais des recherches pour trouver des photos et j’en trouve, le village me convient bien, il est en bord de mer et il est typique. Je prévois cette sortie pour après demain car demain je pars dans les collines que l’on peut voir de la ville. Quand je suis allé à Malaga, je suis allé dans les collines qu’il y a au nord de la ville et j’avais trouvé cela sympa de trouver et d’être à un point de vue qui surplombe la ville. Je viens de passer une nuit pourrie de plus, je me lève, je ne dis pas je me réveil car je ne sais pas si j’ai vraiment dormi dans cette auberge. Je me lave et je pars. Je prends deux croissants rempli de chocolat dans un café et je me lance, j’arrive à la sortie de l’ancienne ville et je m’apprête à traverser une zone d’habitations, je m’arrête et je me demande si c’est une bonne idée. Le coin est un peu désertique, il n’y a presque personne et les seuls mouvements viennent des voitures qui passent. Je décide de ne pas faire marche arrière, je ne suis pas rassuré mais si je m’arrête ici alors autant que j’arrête de voyager. Je longe l’avenue qui est bordée d’immeubles de type HLM, j’avance et pourtant j’ai l’impression que les collines ne se rapprochent pas. Je vois qu’il y a des maisons en bas des collines et j’aperçois aussi une voie rapide qui se trouve sur mon chemin. Il va falloir que je la passe, je vois que les voitures ne ralentissent pas donc il n’y a pas de rond point à proximité, je me demande comment je vais faire car je me vois mal traverser la deux fois deux voies. Je continu quand même d’avancer et quand j’arrive à hauteur de la voie rapide j’aperçois un panneau qui indique un passage souterrain, je longe la route pendant cent mètres et je finis par tomber dessus. De l’autre coté de la voie rapide je tombe sur les maisons que j’apercevais, je ne vais pas tarder à attaquer la colline. Je suis monté plus rapidement que je ne le pensais et je ne regrette pas d’avoir eu l’idée de venir jusqu’ici. La vue est belle, j’aperçois les grandes lignes de la ville, ainsi que quelques villages. Devant moi le ciel est bleu mais derrière moi le gris commence à s’imposer, je dois redescendre, je n’aime pas être à la merci des éclairs, si éclairs il doit y avoir. Sur le chemin du retour je tombe sur un supermarché, comme quoi je peux trouver un supermarché sans aller loin, je suis à vingt minutes à pieds du centre ville. Je m’achète un paquet de pâtes, de la sauce tomate et je vais à l’auberge. Le reste de la journée sera calme, contrairement à la nuit. Je me lève, fait un saut dans cette douche un peu répulsive et je vais à la gare. Je m’arrête au café qui est sur l’avenue Maqueda. Leurs croissants débordants de chocolat m’appellent, ils passent vraiment bien. Je file à la gare et après direction Cefalù en bord de mer. Je suis arrivé, direction la plage, je traverse la partie la plus récente du village, qui est aussi la moins intéressante et la moins belle, c’est souvent comme ça. Je me retrouve devant la plage, il y a une partie avec des parasols et des transats mais la partie qui est libre est la plus grande, il me semble. La promenade surplombe la plage, la présentation est correcte et c’est propre. Il n’y a pas beaucoup de monde, c’est le mois de Septembre. Je longe la plage, je vais à l’ancien village, il est surplombé par un roc et il a les pieds dans l’eau, cela lui confère une certaine singularité qui me plaît assez. Le village au niveau de l’architecture est de style méditerranéen, les rues sont petites voir étroites, les habitations compte en moyenne un ou deux étages. L’harmonie des couleurs, des crépis est mieux qu’à Palerme mais ce n’est pas le niveau espagnol. L’ambiance est bien plus agréable qu’à Palerme, les rues du village ne sont pas appropriées à la circulation en double sens et de toutes façon elles ne poussent pas à s’y introduire en voiture donc les rues restent très accessibles et agréables pour les piétons. Le nombre de scooters que j’ai croisé ne dépasse pas la dizaine, en fait ici c’est un des sas de décompression de Palerme. Cefalù n’a rien d’extraordinaire mais c’est calme, c’est propre, c’est en bord de mer et c’est beau. En vous baladant dans le village vous pourrez voir dans certaines rues, des stores aux couleurs vives, qui partent du haut des portes vitrées et qui descendent jusqu’au balcon et vous passerez certainement devant l’église dont vous avez distingué la masse en marchant sur la promenade. Vous pouvez aussi monter jusqu’à un monument qui surplombe le village, je ne l’ai pas fait mais je pense que le point de vue doit valoir le coup. Mon train ne va pas tarder, je retourne à la gare, je vais retrouver le monde de Palerme. Je vais à l’auberge et je n’en bougerais pas jusqu’à demain. Avant dernier jour, je décide d’aller voir un coté de la vieille ville que je n’ai pas dû faire, je rentre dans le quartier, l’atmosphère me paraît semblable à celle des autres quartiers et en même temps j’ai l’impression que c’est quand même plus la zone ici. Je suis devant une benne métallique à gravats, elle occupe les trois quarts de la largeur de la rue, elle est pleine et si ça se trouve elle est là depuis des mois. Après la benne je vois un chariot qui encombre une rue, lui aussi il a l’air de faire parti du décor depuis longtemps. Je fini par tomber sur une place, cette place c’est la cerise sur la gâteau, en face de moi il y a des voitures qui sont garées sur un parking improvisé, sur la place, ces voitures sont surplombées de l’immeuble le plus emblématique de Palerme, sa façade est constituée de fenêtres remplacées par des planches de bois posées à la va vite, d’autres fenêtres ont étaient condamnées par des parpaings, d’autres sont naturelles avec leurs verres cassés, d’autres sont condamnées avec des taules et d’autres n’ont pas étaient condamnés. Le tableau ne s’arrête pas à ça, la façade est blanche et marron, l’usure du crépis a dicté son style mais le plus artistique ça reste ce graffiti sur le haut de l’immeuble, en partant de la gauche et en couleur rouge ça donne « UWE », suivit d’une grande croix rouge et de « TI AMA ». Je ne sais pas ce que ça veut dire mais au niveau de l’aspect du bâtiment ça envoi. Et ça envoie encore plus avec l’enseigne « Banca Nazion » qui est de travers sur le toit de l’immeuble. Peut être qu’il y a un logement sur cinq qui n’est pas occupé dans le vieux Palerme, ce qui signifie que l’offre du logement est faussée, l’offre devrait être plus grande et donc les prix plus bas, ceci dis je pense et surtout j’espère, qu’ils sont déjà très bas. Je suis toujours sur la place et je viens d’entendre quelque chose qui vient de se casser, je me retourne, je ne vois rien mais le bruit était tout prés, il y a un objet en verre qui a atterrit prés de moi. Finalement je me dis que j’ai rêvé mais une minute plus tard j’entends un autre bruit, il y a des déchets dans la rue, des bouts de verre mais es ce qu’ils étaient déjà là, je n’arrive pas à savoir, je n’ai aperçu personne mais je ne crois pas avoir rêvé, sympa l’ambiance. Je retourne à l’auberge, demain je retourne dans la vie réelle. Il n’est pas facile de donner des points positifs à cette ville, en ayant des preuves, le coté positif est insaisissable, en tout cas pour moi. Palerme ne se visite pas, cette ville ce vie, le touriste n’a pas sa place ici