Fès

Samedi:

Il est huit heure, j’ai tout vérifié, je n’oublie rien, je quitte mon appartement et je prends la direction de la gare. Je monte dans le train qui va m’emmener à Perpignan, le ciel est gris, j’ai mis ma polaire car il ne fait pas chaud, après plus de quatre mois de fortes chaleurs ce n’est pas désagréable, je regarde le paysage défilé, des vignes, la mer, les voitures utilitaires des chasseurs qui sont garées le long des champs, certains vont à la chasse au gibier et d’autres partent à la découverte de mondes qui leurs sont inconnu. Nous sommes tous sur la même terre mais nos buts sont différents, une minorité se laisse guidée par le vent et une majorité est encadrée par l’argent. Le temps n’est pas lent, c’est à toi de prendre les devants et d’aller de l’avant, ne compte pas sur les gens, ils viendront à toi quand tu auras foi en toi. Tu es seul maître de ta valeur, si tu l’exploite elle t’amènera au meilleur. Le contrôleur me demande mon billet, je lui donne puis il me demande ma carte 12-25, je lui donne et il me dit qu’elle est périmée, je ne le savais même pas, je l’avais zappée celle là, il m’aligne, le voyage commence bien. Le problème quand on prévoit un voyage qui coûte pas cher, c’est que les amendes semble très chers. On n’apprend quand on fait des erreurs, j’espère que je ne vais pas trop en faire. J’arrive à la gare, il faut que je trouve l’endroit où je dois prendre le bus, j’y arrive sans difficulté. Le bus arrive, il va au centre ville de Gérone puis à l’aéroport, ma destination. Dans le bus nous ne sommes même pas une dizaine, j’espère que l’entreprise à gagnée un max pendant les vacances. Nous passons la frontière espagnole, le paysage est mortel, les collines sont recouvertes d’arbres couleur carbone, le feu de cet été a causé des dégâts impressionnant, ça fait dix minutes que nous roulons dans ce décor, je savais que ça avait bien brûlé mais je n’imaginais pas que l’étendue du désastre était si grande. Le jour où ça a brûlé ça devais être la fin du monde, des kilomètres et des kilomètres de végétation sont partis en fumé, le feu est dangereux dans les mains d‘esprits creux. Nous arrivons à l’aéroport, je pensais qu’il était grand étant donné le nombre de destinations qu’il propose mais en fait il a une taille humaine, il n’y a que les parkings qui ont l’air d’être démesurés. Peut être que la région souhaite agrandir l’aéroport, je passe le contrôle et je vais manger. J’ai le choix entre Sub.. et Mc… . Je prends ma commande et je m’installe un peu à l’écart. Derrière moi il y a une fille qui est toute seule, elle a les écouteurs dans les oreilles et elle est plongée dans son net book, je ne suis pas le seul à voyager en solo, nous sommes trois ou quatre. Il y a de grandes vitres qui donnent sur les pistes et devant il y a une rangée de chaises. A cet endroit il y a un homme, la quarantaine, il ne bouge pas, il profite de la vue, il n’y a personne d’autre qui est assis sur cette rangée de chaises, il n’a personne à coté de lui ni devant lui, en face de lui il n’y a que les pistes et le paysage, quand j’aurais fini de manger j’irais moi aussi me poser là bas. J’ai fini de manger, je ne peux aller devant la baie vitrée, des gens se sont installés et je voulais être seul pour profiter de cette vue sans être dérangé. Un avion qui atterris ou qui décolle ça reste l’accomplissement d’un rêve d’une époque, ça reste et ça restera un grand pas pour l’humanité même si la nature nous a munis de pieds pour rencontrer des étrangers. Il est vrai aussi que nous fuyons la diversité qui se trouve en face de notre palier, il y a tant de gens à connaître, à découvrir mais leur porte est fermée et ils ne veulent l’ouvrir. Je vais me mettre ailleurs, maintenant je n’ai plus qu’à attendre que le temps passe car la porte s’ouvre dans deux heures, voyagé ça travaille la patience, peut être que je devrais profiter de cette attente pour méditer mais encore faudrait il que je connaisse les techniques de méditation, idée à méditer. Je regarde et essaye d’analyser les gens pour passer le temps mais je suis trop fatigué pour analyser quoique ce soit alors je ne ferais que regarder car sinon je vais écrire des mots aiguisés par la méchanceté, quand je suis fatigué j‘ai une lame bien affûtée. Les heures passes et la porte d’embarquement de mon vol vient de s’afficher, comme d’habitude beaucoup de gens se pressent pour ne pas être les derniers à embarquer, j’en fais autant, j’aime bien être à coté d’un hublot. Je suis tout seul alors si en plus je ne peux pas regarder le paysage je vais vraiment me faire chier et puis la vérité c’est que j’adore voir la terre du ciel, ça permet de comprendre certaines choses. La vision de ce monde est elle plus terre à terre vu de l’univers, où l’est elle en regardant un vers de terre, l’est elle après un verre de bière, l’est elle après un whisky âgés de plusieurs années ou l’est elle après s’être piqué, existe t-il un point de vue où l’absolu est reconnu.  mère et de ton père, quand nous avons une vision nous sommes des cons car on devrait parler en paque. Nous quittons la mer, pour survoler la terre, nous sommes au dessus du Maroc, il n’y a pas beaucoup de verdure mais j’aperçois pas mal de collines et surtout de montagnes donc il y a quelques endroits où l’humidité d’altitude doit se déposer. Nous arrivons vers Fès, ici les collines sont recouvertes d’oliviers en activités ou d’oliviers fraîchement plantés et le nombre de plantations récentes est impressionnant. Dans la région il y a plus d’oliviers que d’habitants, encore une fois je fais peut être le marseillais mais pour le coup je fais le marseillais modéré car je pense être prés de la vérité. Nous atterrissons, je pense à ma descente d’avion à Marrakech et je me demande si la température extérieur va être élevée mais normalement ça dois être gentil par rapport à Marrakech car d’une, Marrakech est bien plus au sud et de deux, nous sommes fin Septembre, quand je suis allé à Marrakech c’était le mois de juin, sur le carrelage de la terrasse de l’auberge j’aurais pu faire cuire des merguez. Les portes s’ouvrent, presque tous les passagers sont debout depuis au moins cinq minutes, c’est toujours la même scène, je pense qu’ils n’aiment pas être assis. J’attends que tout le monde descende, je sors de l’avion, ça va il fait bon, pour un marocain il doit faire presque frais. Je vois certains passagers qui courent sur le tarmac en direction de la douane, je ne comprends pas tout de suite mais quand j’arrive à mon tour à la douane je comprends qu’ils voulaient éviter la queue, d’autant plus que l’on doit remplir une feuille. Je dois mettre mon numéro de passeport, la date de délivrance, d’où je viens et quel est ma destination plus d’autres information mais il y en a une qui retient mon attention, vous devez mettre l’adresse de l’endroit où vous logez, ça ne me rassure pas beaucoup, ça veut dire qu’il y a un certain niveau de risque dans ce pays. Il me semble que j’ai déjà rempli cette feuille mais pas plus d’une fois et comme je suis allé à Marrakech, je pense que c’était à Marrakech. Je passe la douane, maintenant je dois prendre le bus, je demande à un employé du bureau de change où se trouve l’arrêt pour prendre le bus, il me répond qu’il est à droite en sortant, parfait, cette fois je prends le bus et pas le taxi. Je croise deux chauffeurs de taxi, dont l’un me propose de m’emmener mais je lui dis que je vais prendre le bus. Il ne fait pas très chaud mais quand je suis au soleil ça tape bien, je vais à l’arrêt, il n’y a personne et bien sûr les heures de passages du bus ne sont pas inscrites. Je me sens seul, pour ne pas dire con, sur ma gauche il y a l’aéroport qui fait cent mètres de long, en face de moi il y a le parking, derrière moi il y a des palmiers plantés récemment avec une pelouse qui a commencé à percer la terre et sur ma droite une zone désertique. Je n’ai pas de casquette, je n’ai rien pour me protéger du soleil et là je commence à me demander si le bus est une bonne solution. Je vois un 4x4 allemand qui sort du parking et qui part comme une balle, ça me rappel l'occident. Cela fait deux minutes que j’attends et un taxi s’arrête à ma hauteur, il me propose de m’emmener, je lui dis que je prends le bus mais il ne lâche pas le morceau, je lui demande le prix, il me dit 80 dirhams je lui dis que c’est trop chère, le prix normalement c’est 150 et quand il fait mine de partir il s’arrête deux mètres plus loin et il réitère sa demande puis il finit par me proposer le trajet pour 40 dirhams, je dis ok, cette fois ce sera encore le taxi. Il me propose ce prix car il a déjà deux clients. La discussion que j’ai eu avec le chauffeur était basée sur le prix, j’aurais tant aimé que ça se passe comme ça: Taxi «vous allez à Fès», Moi «ouais», Taxi «bah montez je vous emmène», Moi «non merci je prends le bus», Taxi «c’est 80 dirhams», Moi «c’est trop chère», Taxi «c’est trop chère! Regarde la voiture c’est pas n’importe quoi c’est une Merc…, bon elle est plus toute jeune, on peut même dire qu’elle est vieille, on peut même penser que ça peut faire peur de monter dedans mais n’es tu pas là pour trouver de l’exotisme, quand tu seras assis sur un de ces sièges tu l’entendras te dire,"bienvenue"». J’aimerais que ça se passe comme ça mais le père noël m’a appris à ne pas être croyant. Quand on se dit que le père noël est synonyme de gouffre annuelle et que les cadeaux sont fait pour pousser les enfants à aimer le matériel et à zapper le naturel ça fait mal au cœur. Mais ne vous inquiétez pas ont leurs a fait planter trois petits pois dans le potager de l’école, alors la nature, ils connaissent ça. L’école est faite pour savoir et savoir faire mais en aucun cas elle n’éduque vos enfants, c’est vous les parents. Si un enfant tire son épanouissement en grande partie de son maître et non de ces parents alors c’est qu’il y a manquement, si vous n’êtes pas aptes ne faite pas d’enfant. Quand vous montez dans un «grand taxi» à Fès vous comprenez tout de suite comment ça se passe ici. Rafistolage, bricolage et récupération, ici c'est la débrouille, les sièges m'ont l'air d'être rembourrés et la poignée intérieur de la portière s'est transformée en lanière. Les deux touristes qui sont dans le taxi sont français, comme moi ils ont visité Marrakech et veulent maintenant visiter Fès car leur fils leur a dis qu’il avait aimé cette destination. L’aéroport n’est pas collé à la ville, nous traversons des zones rurales, sur la route je peux voir des commerces très rustiques, ils sont là au milieu de rien, ils n'ont étaient attirés que par la route, je vois aussi des personnes qui traversent la route en évitant les voitures, d’autres qui sont carrément entrain de traverser la route en poussant une voiture qui doit être en panne. Il faut savoir qu’ici les conducteurs, en tout cas les chauffeurs de taxi, ne freinent pas, il ralentissent pour éviter des piétons ou des véhicules qui mettent du temps à tourner donc souvent vous pouvez avoir l’impression que vous aller avoir un carton. Quand vous montez dans un taxi, même si la voiture est neuve, il se pourrait que les ceintures de sécurités soit inutilisables et les chauffeurs de taxis peuvent vous dire que la ceinture de sécurité n’est pas indispensable de la même façon que vous, vous pouvez dire «hier j’ai mangé une pomme». Le fait qu’ils préfèrent ralentir et éviter, plutôt que de s’arrêter peut ne pas rassurer mais il est vrai aussi qu’ils ne conduisent pas vite alors dans le fond ce n’est peut être pas plus dangereux de monter avec un chauffeur de taxi marocain qu’avec un chauffeur de taxi français. Nous arrivons en ville, au rond point il n'y a personne de prioritaire, tout le monde rentre en même temps dedans ce qui engendre obligatoirement des bouchons à l'intérieur, une fois bloqué les conducteurs se fraient un passage entre pare choc avant et pare choc arrière. En France les ronds points servent à fluidifier le trafic, il le rende un minimum linéaire, leurs mécanisme est assez bien huilé, ici c'est le contraire, ça ne fait que saccader le mouvement, ça engendre coups de klaxons et poussettes et ici la densité des véhicules n'est pas élevée. La ville nouvelle me parait plus évoluée et plus grande qu'à Marrakech, l'agencement est le même qu'en occident et la présentation est pas mal si on ne prend pas en compte les déchets qui traînent partout. Je pensais que Palerme était une ville sale, bah en fait il faudra que je revois mon jugement car je viens d'ajouter cinquante points négatifs à mon échelle du mot saleté. Le couple de touristes français qui est avec moi dans le taxi va aussi à la médina mais il ne descend pas à la même porte que moi. Les entrées de la médina s'appellent des portes, je ne sais pas si ça marche pour toutes les médinas étant donné qu'il existe des anciennes et des nouvelles médinas. Je dis au chauffeur de me poser au même endroit que le couple, pensant que je trouverais facilement mon chemin. La médina se dessine devant nous, elle s'étend au loin sur les collines. Le riad où je dois aller se trouve vers la porte sud et je vais descendre à la porte ouest, je sais donc comment m'orienter par rapport au soleil. Nous arrivons, nous descendons, me voilà revenu dans ce monde marron, ce monde de terre que j'avais découvert à Marrakech il y a un an, j'avais dit que je visiterais la médina de Fès et j'y suis. Les français sont à peine descendu du taxi que deux hommes leurs proposent de prendre leurs valises pour les mettre dans leurs petits chariots fait maison et de les emmener jusqu'à l'hôtel. Je n'ai qu'un sac à dos mais ça ne les empêchent pas de venir vers moi aussi. Je leur dit "non" comme je sais si bien le faire dans ce pays. Les français disent "non" aussi malgré l'insistance poussée des deux hommes. Nous partons en direction de l'entrée, une petite rue de terre, de toute façon il n'y a pas de grande rue. Nous prenons à droite, je dis au revoir au couple et je pars de mon côté. Le fait d'avoir déjà était dans l'environnement d'une médina fait que je ne me sens pas mal à l'aise mais par contre, je me rends vite compte qu'aucune rue n'est plate et qu'elles sont plus petites qu'à Marrakech. J'ai un plan mais il ne me sert à rien car dans la réalité c'est gavé de petites rues et d'impasses et sur mon plan je n'ai que quelques rues principales qui dans la réalité ne sont pas plus larges qu'une rue normale. De plus, la topographie du coin me fait fumer le cerveau. J'essaye de trouver une rue principale et j'essaye de me diriger mais le problème c'est que les habitations sont plus hautes que je ne le pensais, sur le coup je ne pense pas à me repérer avec le soleil car je me dis que je trouverais sans trop galérer. Je cherche mon chemin, je pars un peu n'importe où, les rues partent dans tous les sens, des mecs me disent que certaines rues sont fermées et d'autres me proposent de me guider, je dis non à tout le monde, je tourne en rond, je comprends rien, ça monte ça descend, c'est un truc de fou. Je marche depuis un bon moment et j'arrive à rien, je remarque que le soleil commence à prendre un ton orangé, à ce moment ça sent mauvais, je suis fatigué et mon assurance commence à me quitter. J'en ai vraiment marre, je décide de sortir de la médina pour m'orienter. Sage décision mais comment sortir d'ici, je finis par trouver une sortie, je sors et je me rends compte que je suis loin d'être au bon endroit, je décide de rejoindre la bonne entrée en faisant le tour de la médina par l'extérieur. Je longe la route qui descend, je suis seul au monde, sur mon chemin il y a l'entrée d'un hôtel et il y a un employé, je lui demande si il peut me dire où je suis par rapport à mon plan, en sachant que je pense savoir à peu prés où je suis mais je veux être sûr. La personne n'arrive pas à m'indiquer où je suis, j'hallucine, il demande à un pote à lui qui est dans sa voiture et qui s'apprête à partir. Cette personne met deux minutes pour me montrer où je suis, c'est à peu prés la réponse que j'attendais, je lui demande ensuite si il peut m'indiquer où se trouve la rue que je cherche mais il n'arrive pas à me répondre. Je rebrousse chemin, je ne vois pas l'entrée d'où je suis, si ça se trouve elle est super loin surtout que le sud de la médina ça représente une grande distance. Je dois être arrivé dans la médina depuis une heure et demi et je suis déjà énervé, fatigué et je commence à perdre patience. Je repars de plus belles, des mecs me proposent de me guider, je réponds toujours non, je n'ai pas envie de donner de l'argent pour ça, j'attendrais de m'avouer vaincu pour en arriver là. Je monte, je descends, je vais à gauche, je vais à droite, je tourne en rond. Je croise une énième fois une personne qui veut me guider, je luis donne la même réponse qu'aux autres et lui me répond "t'es comme les américains t'es un raciste", le film sur l'islamophobie qui est sorti quelques semaines auparavant a laissé des traces. Je me retourne tout en continuant de marcher et avec mon doigt je lui fais le signe de "non je ne suis pas raciste". Là je me dis que l'ambiance va être sympa, on me traite de raciste alors que je viens de mon plein gré dans un pays arabe, c'est grave, sérieusement c'est grave. Je continue d'avancer comme un âne qui court après une carotte invisible et je finis par atterrir sur une place. La nuit ne va pas tarder à tomber, j'allume mon téléphone je vais voir si je peux appeler le riad, je reste où je suis, je pense que je suis à l'entrée que je cherchais. Je ne bouge plus, je prends mon plan et le papier du riad sur lequel j'ai le numéro de téléphone. Mon téléphone est allumé mais je ne capte pas, fais chier (langage soutenu), un des jeunes que j'ai croisé un peu avant revient à la charge pour me proposer de m'aider, il va bientôt faire nuit, j'en ai plus que marre, je sais que ça va me coûter à peu prés quarante dirhams, soit quatre euros, je sais, c'est rien mais j'aimerais tant être aidé juste par gentillesse, pour moi il n'y a que comme ça que l'on peut créer de vrais liens, l'argent fausse les relations et donc les personnalités. J'aurais pu décider de trouver l'auberge en utilisant de l'argent c'est à dire en ne faisant rien, en ne voyant rien et en recevant un sourire tout droit sortie de l'effet de l'argent. J'ai vécu des actions intéressantes en voulant trouver l'auberge par moi même et je n'ai pas réussi mais ce n'est pas un échec car j'ai vécu des scènes qui auront de la valeur toute ma vie, si j'avais utilisé mon argent dés le début j'aurais effacé tous ces moments de mon destin. Peut être que ces scènes auront un impact positif dans le futur, peut être qu'elles auront un impact négatif, qu'es ce que j'en sais, je sais juste que si je dois crever demain alors je partirais en m'étant offert des sensations, des pensées que tout le monde ne se permet pas de s'offrir. La vérité c'est qu'un vrai touriste, un pur touriste, il ne peut pas raconter ce que j'ai à raconter, moi et les touristes argentés nous n'obtenons pas la même plus-value lors d'un voyage. Le sourire qui cherche l'argent n'a pas de pouvoir d'attraction sur moi mais j'aime m'en nourrir, tout est bon à prendre, c'est juste une question de répartie et d'utilisation positive. Cela étant, je ne peux nier le fait que l'argent va me permettre de dormir dans un lit et sûrement de m'éviter une nuit trop négative. Quand le feu commence à devenir trop chaud il est bon de s'en écarter, il en est de même quand le froid commence à faire geler, n'es ce pas dans les pays au climat tempéré que l'on vit le mieux. L'eau représente le froid et le soleil la chaleur, la nature n'est elle pas plus généreuse quand elle se trouve dans un environnement composé de ces deux éléments. Les religions n'ont elles pas des terres de prédilection qui les ont vues grandir, le hasard doit exister mais es ce le hasard s'il existe des coïncidences, s'il existe tant de liens fondés de tant de cohérences. Pourquoi suis-je tombé une deuxième fois sur le même guide, m'a-t-il suivit, savait-il que j'allais arriver sur la place, savait-il qu'au bout de deux fois j'allais sûrement lui dire "oui" car son argumentation aurait encore plus de valeur à ce moment là, le hasard fait vraiment bien les choses. Il me dit que mon plan ne sert à rien car dans la réalité il y a beaucoup plus de rues, j'avais remarqué, je lui dis que je ne veux pas lui donner d'argent même si je sais que je vais devoir lui en donner, il me répond qu'il ne veut pas d'argent, encore une fois la musique ne change pas de celle que l'on m'a joué à Marrakech. Un couple de touristes, ils parlent anglais, vient vers moi et me demande si je peux les aider, je leurs réponds que je suis dans la même situation qu'eux. Je leur montre sur leur plan où ils se trouvent et je demande au marocain si il peut leur montrer quelle est la direction qu'ils doivent prendre pour trouver leur logement mais le couple refuse, ils disent qu'ils ont déjà payé donc ils ont payé quelqu'un mais ils ne sont jamais arrivé à destination. Ils s'en vont, moi et Mohamed (le "h" est utilisé dans la prononciation contrairement à ce que l'on pourrait croire) nous partons en direction de l'auberge. Sur le chemin il me dit qu'il peut me faire visiter la médina demain et que cela me coûtera moins chères de faire la visite avec lui plutôt qu'avec un guide officiel, son prix c'était 70 dirhams si je me souviens bien. Je lui réponds peut être, je ne veux pas créer de blocage. Nous marchons plus de cinq minutes avant d'arriver au riad et nous arrivons par une rue qui est plus haute que celle où il se trouve et nous étions plus bas tout à l'heure. Nous arrivons au coin de la rue, il s'arrête et me dit que le riad est au bout de la rue mais moi ce que je vois c'est une rue comme les autres où les portes des habitations sont comme les autres, je lui dis de m'amener devant car là, rien ne m'indique que je suis au bon endroit, surtout qu'il me semble que j'ai pris cette rue tout à l'heure et que je n'ai rien vu. Il accepte, nous arrivons au bout de la rue et effectivement c'est bien ici, en haut à gauche de la porte, il y a trois petits carreaux de céramiques sur lesquels est marqué le nom du riad. Quand je suis passé là tout à l'heure, j'étais pressé de trouver mais même si je n'avais pas était pressé je ne pense pas que j'aurais vu les carreaux. Il me demande de lui donner 35 dirhams pour s'acheter une paquet de clopes, je lui donne puis il se remet à me parler de la visite de la médina, je lui dis que ça ne m'intéresse pas, qu'on se recroisera sûrement et qu'on verra à ce moment là. Seulement, ici ils ont faim et quand ils ont une proie, ils ont du mal à la lâcher. J'ai beau lui dire que ça ne m'intéresse pas il continue, il me dit même "demain à 10h je serais là, je t'attends à 10h", là je suis entrain de sourire et de rigoler intérieurement, je lui répète que c'est "non", je lui souhaite une bonne soirée et j’appuie sur la sonnette du riad. Avant de partir il me dit que je dois faire attention à mes affaires dans le riad car le gérant n'est pas très fiable, il se répète deux ou trois fois, la porte s'ouvre et il part. Je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai, pourquoi m'a-t-il dit ça, par gentillesse ou pour faire une mauvaise pub à un concurrent, je le saurais dans les jours qui viennent. La personne qui ouvre la porte m'accueille avec le sourire et poliment. Le riad est pas trop mal au premier coup d’œil, il y a la partie centrale et sur la gauche une pièce avec canapés, tables basses et télé. Les chambres sont dans les étages, je vais voir un mec qui est assis à l'accueil, qui est matérialisé par une simple table. Le mec est souriant et il a une bonne tête comme le reste des employés. La patronne est là aussi mais elle, n'est pas du pays. Je paye pour le séjour complet et je monte à la chambre. Elle est assez spacieuse, il y a cinq lits superposés et deux lits un peu spéciaux. En fait quand je dis spéciaux c'est parce qu'ils font un mètre de large, et en fait il y en a un dont le matelas est bien et l'autre, le matelas il est mou mais un truc de fou, c'est un matelas à effet sable mouvant. Il y a la climatisation mais elle n'est pas en marche et il fait particulièrement chaud dans la chambre. Je vais voir la douche, qui est dans la chambre, elle est passable par contre l'éclairage y est symbolique, à tel point, qu'un jour quand j'ai voulu allumer la lumière je l'ai éteinte, l'ampoule dégage tellement de lumière... . L'autre point qui peut s'avérer être négatif c'est la fenêtre de la douche qui donne sur la rue et sur les fenêtres des autres habitations. Si on ne fait pas attention on peut se mettre à poil avec la fenêtre ouverte ou entre ouverte, en France l'exhibition est interdite ce qui est normal sauf que des fois comme pour ce cas de figure ce n'est pas forcément fait exprès, sauf que là, fait exprès ou pas, on s'en fout, je doute que cela passe dans le monde musulman. Ensuite je monte sur la terrasse, il y a tout ce qui faut pour se caler et les deux petites terrasses qui sont plus élevées que la grande terrasse permettent de contempler une grande partie de la médina et de prendre la mesure de sa grandeur. Les points jaunes qui percent le noir de la nuit ne sont pas nombreux, ils laissent à la médina un coté mystérieux. Je n'ai rien à manger, je peux manger au riad mais mon budget est calculé pour des billets d'avions pas chères, des moyens de locomotion pas chères, un logement pas chère et de la nourriture pas chère et puis j'ai envie de bouger.

Quand je suis arrivé tout à l'heure j'étais transpirant, j'étais usé, j'étais énervé, je ne voulais qu'une chose, me caler tranquille, là j'ai pris une douche, je me suis changé, je suis frais et mon esprit c'est rétablit. Quand je me retrouve dehors je me sens bien, j'ai l'impression que je suis là depuis plusieurs jours, ce décor ne m'est pas inconnu, je l'ai connu à Marrakech, je suis à l'aise, j'ai l'impression de connaître cette rue et ce décor habillé d'une robe mi-noire et mi-jaune orangée dû à l'éclairage disons tamisé. Je me sens léger, je n'ai pas l'impression d'être un étranger, je fais parti de ce décor, je ne suis pas là pour lui cracher dessus, je suis là pour l'admirer, pour le connaître et le comprendre. Ce moment a était le meilleur de ces cinq jours, cet instant si court mais si savoureux. Juste à coté du riad il y a un commerce mais il ne vend pas de nourriture, trois jeunes squatte à cet endroit, je descends la rue, elle est bien plus large que la moyenne, arrivé en bas je tombe sur une rue goudronnée, chose rare dans la médina mais ici je suis à coté d'une porte ce doit être l'explication. Dans cette rue il y a trois commerces qui vendent de la nourriture et d'autres produits comme les produits d'hygiènes, les cigarettes etc... . Ce n'est pas non plus un supermarché, ni une épicerie, c'est juste un local comme la plupart des commerces qui se trouve dans les rues non touristiques. Je veux acheter quelque chose qui se mange tout de suite et les seuls produits qui répondent à mon attente c'est des gâteaux, va pour des gâteaux, je prend trois madeleines fourrés au chocolat et un autre style de gâteaux. Je n'achète pas un paquet entier, ici on peut acheter à l'unité alors le vendeur pioche dans le paquet. je ne sais plus le prix mais je me souviens que je m'étais dit que ça devait valoir le même prix voir plus chère qu'en France. Sur l'emballage des gâteaux c'est écrit qu'ils doivent être conservé à l’abri de la chaleur et sur l'emballage du paquet de gâteaux qui est en plastique transparent je vois qu'il y a des petites gouttes, formé par l'évaporation, je n'ai pas était malade à Marrakech alors pourquoi je le serais ici. Il y a des personnes qui préfère manger dans des restaurants pour des questions d'hygiènes, elles disent qu'elles ont l'estomac fragile, je pense qu'il faudrait aussi pour certaines qu'elles se demandent si le problème n'est pas plus psychiques que physiques. Il faut savoir que certaines réactions physiques sont liés à des choses qui n'ont rien de physique, tous les cheveux qui passent de brun à blanc en peu de temps c'est bien une réaction physique mais la cause... . Peut être que les aveugles ne peuvent connaître ce phénomène. Enfin bref, je remonte la rue, les jeunes n'ont pas bougés, je sonne, on m'ouvre, je monte sur la terrasse et je mange en contemplant la vue. Mon repas de prince engloutit je vais à la chambre, la journée a été longue je suis vraiment fatigué, il faut que je dorme. Une fois couché je me rend compte que ça va être difficile de dormir, c'est un sonna, il fait vraiment chaud et le matelas épouse vraiment trop les formes de mon corps, ce n'est pas un matelas, c'est un moule. Il faut faire avec, à demain.

Dimanche:

Je me réveille, je m'habille et je descends pour prendre le petit déjeuner, celui de Marrakech était un peu symbolique comment va être celui là. Il est bien, il y a de la confiture de je ne sais quoi, ça se mange, du beurre, du pain normal, d'autres pains spéciaux, du lait et bien sur du thé. La fille qui est employée pour préparer le petit déjeuner et qui doit aussi faire les repas est jeune et son charme ne me laisse pas indifférent. Le petit déjeuner se passe dans la pièce principale, la pièce de vie qui contient le petit salon avec la télé, qui est la seule pièce du riad, les autres c'est les chambres. Le petit déjeuner finit je vais prendre ma douche, je vais voir ce qu'elle donne, l'eau chaude est chaude et la puissance du jet est, je dirais "économique". Je suis tout neuf c'est reparti, on est dimanche, il est à peu prés neuf heure, le ciel est bleu et à l'ombre il fait bon, je prends la même rue qu'hier soir, je veux voir où va la route, elle longe le rempart de la médina, elle descend, je croise deux ou trois commerces, il n'y a pas grand monde dans cette rue. J'aperçois la porte et la route périphérique, quand je dis "porte" ça veut dire "entrée". Les habitations ne me protègent plus du soleil et de sa chaleur qui est déjà bien présente malgré le fait qu'il soit tôt. A droite de la route il y a un terrain de foot en terre, des jeunes sont entrain de faire un match, la jeunesse se lève tôt toute la semaine, c'est une époque révolu pour moi ça. Je suis le seul blanc du coin, de ce coté là de la médina il n'y a que des habitations, je peux regarder la vraie vie marocaine ici. Je m'arrête quelques secondes, je regarde ces jeunes qui font un foot comme n'importe quels jeunes de la planète, dans le sport on est tous égaux, on est tous ensembles, ça ne rend pas forcément les gens meilleurs mais au moins cela permet de faire comprendre au monde entier qu'on est tous pareils, musulmans, bouddhistes, chrétiens, nous sommes tous différents mais en aucun cas cela ne nous empêche de nous écouter et de nous accepter. Il y aura toujours des conflits mais nous pourrions en atténuer une grande partie, un ordre mondial ne ferait qu'augmenter la pression qui pèse sur les détonateurs humains qui ne sont pas loin de la rupture. Je pense que de très grandes zones ancestrales (réserves naturelles) devraient être créées au Sahara, au Congo, en Alaska, en Mongolie, en Chine, en Australie et au Brésil, elles devraient être réservées aux touaregs, aux peuples qui vivent en harmonie avec la nature et le touriste ne pourrait avoir le droit d'y entrer qu'en respectant les règles du peuple qui l'accueille. Les religions devraient avoir des villes dédiées à elles seules dans leur monde natal, j'entends par là, les villes catholiques en Europe et en Amérique, les villes musulmanes dans le monde arabe, les villes bouddhistes et hindouistes en Asie du sud et en Mongolie et la pensée noir/blanc dans son berceau chinois. Le gospel et la mentalité jamaïcaine de partout sur la planète, la musique est un art et les arts doivent être présents sur tout le globe. L'équation donnant un monde majoritairement composé de nature vierge et d'un multiculturalisme. Ceci n'est bien entendu qu'une idée jetée aux oubliettes, l'occident n'a pas les matières premières qu'il traite, il en a d'autres qui ne sont pas physiques mais il ne sait pas les utiliser. Je continue mon chemin, en contre bas du terrain de foot il y a deux ados assis dans la terre et adossés à un mur, ils ne font rien, ils écoutent du rap à l'ombre du mur, le soleil finira par les déloger. J'arrive à hauteur de la route qui part dans le centre de la médina, où je suis c'est comme une petite place, il y a un taxi qui vient de s'y arrêter, le chauffeur a un morceau de carton dans les mains, il essaye de le coincer dans le joint de la vitre de la portière, il doit vouloir sans servir comme d'un pare soleil, ce genre d'action serait la cible de moqueries en France, ici c'est anodin. Le soleil commence à me taquiner un peu trop, je veux trouver un endroit ombragé où je peux m'asseoir pour pouvoir noter ce que je viens de voir. Je vois un banc qui est de l'autre coté de la route et qui est protégé du soleil par des espèces de roseaux, de ce coté là de la route il n'y a pas d'habitations et d'après ce que montre la nature il y a de l'eau en surface ou pas loin de la surface. Derrière moi il y a le mur de roseaux et devant moi j'ai la route et les habitations, vu la couleur je pense qu'elles sont faites principalement de terres, les fenêtres ne sont pas nombreuses et elles sont plutôt petites. Les constructions sont plus élevées qu'à Marrakech, je ne pense pas qu'elles dépassaient les trois étages à Marrakech, ici la moyenne ça doit être cinq mais il n'y a pas que ça qui est différent, les habitations que j'ai sous les yeux sont soutenus, par en bas et sur les cotés par des coffrages en bois fait de poutres. Certaines fissures se voient sans avoir à se rapprocher, à Marrakech il me semble que je n'ai jamais vu ça mais à Marrakech les constructions sont moins élevés et surtout le terrain est plat. Le médina de Fès a été bâti sur des collines et quand on voit le dessin des rues on peut se demander si ils ont respecté un schéma pour la construire. Un scooter passe devant moi, il a deux utilités, il transporte les personnes et les marchandises, son conducteur arrive à conduire en ayant casé deux gros sacs à ses pieds, il fait comme il peut avec ce qu'il a. Je suis entrain d'écrire et en même temps je suis entrain de me battre avec les mouches, les passants doivent se demander si il ne me manque pas une case. J'ai tous noté, je peux reprendre le chemin, je suis la route, normalement elle doit m'emmener où j'étais hier quand j'ai croisé pour la deuxième fois Mohamed. Je pensais vraiment qu'il y aurait plus d'animation, à Marrakech ils s'activent tôt les habitants, j'arrive à un endroit où il y a un îlot au milieu de la route et la route à cet endroit est élargie. Les taxis et les bus prennent leurs passagers ici et font demi tour ici. Le flot de véhicules à cet endroit s'écoule comme dans les ronds points, il n'y a pas de règle alors mieux vaut ne pas être timide. Sur la droite il y a quelques arbres plantés sur des surfaces délimités par des murets, ils accueillent dans leurs ombres un grand nombre de personnes qui ne font rien de leur journée. En fait les arbres et leurs murets sont un investissement qui est utile, après, es ce que c'est rentable économiquement et surtout humainement parlant ça c'est autre chose. Derrière ce squatte public il y a une place délimitée par des gradins de trois niveaux qui forme un arc de cercle. Les gradins ne sont pas très prisés mais la place plaît beaucoup aux jeunes qui en font leur terrain de foot, ce sport m'a l'air d'être particulièrement populaire ici. La visite continue, me voilà où j'étais hier, sur ma gauche il y a l'entrée par laquelle on est passé avec Mohamed pour aller à l'auberge. A cet entrée il y a deux rues, l'une part à droite et l'autre à gauche, hier on est parti à droite et moi là je viens de la gauche donc logiquement tout à l'heure il faudra que je prenne la rue qui va à gauche et si elle m'emmène à l'auberge alors ça voudra dire que Mohamed m'a fait prendre le chemin le plus long et surtout le plus compliqué. La balade se poursuit, j'arrive à la place R-Cif, une grande place où il n'y a rien, il y a des gradins comme tout à l'heure et des bancs. Les bancs font penser à du marbre, leur couleur est grise, leur forme c’est un "8" plein, posé sur deux pieds de la même matière, je doute que ce soit du marbre et j’espère que ça n’en est pas. Je suis là à regarder ces bancs puis je lève les yeux et je regarde les habitations dont la couleur est celle de la terre en un peu plus clair et je me demande ce que c’est bancs font là, ils ne se marient pas avec l’environnement, avec le décor, de par leur couleur et leur forme. Le style marocain, la décoration marocaine est connue, on sait que les marocains ont du style, du goût, leurs objets sont travaillés et ils utilisent des couleurs, là j’ai devant moi des bancs qui n’ont rien à faire là, ils n’ont rien de marocain, ces bancs ils sentent la belle commission, le bon bakchich, l’intérêt du gain est de partout, je dis ça car ces bancs il n’y a pas qu’ici que je les ai vu. Il faut que je précise une chose depuis que je suis sorti de l’auberge je n’ai pas croisé un seul touriste, sur la place R-Cif, il y a beaucoup de passage et ce n’est pas pour ça que je vois des touristes. Je ne sais pas si c’est les manifestations des musulmans contre le film sur l’islamophobie qui réduit le nombre de touristes mais en tout cas ça n’a rien à voir avec Marrakech. La sensation de solitude que j’ai, je vais la rencontrer jusqu’à ce que je parte de Fès, jusqu’au bout. Devant moi j’ai l’entrée de la médina, l’entrée de ce monde formé de rues commerçantes mais surtout de rues étroites composées essentiellement d’habitations. La visite commence, j'ai un plan que m'a donné le mec de l'accueil de l'auberge mais il ne sert pas à grand chose, la rue est commerçante il y a de tout et elle est très fréquentée, je pars un peu n'importe où et je finis par déboucher sur un parking et sur une route goudronnée qui est longée par la rivière qui passe sous la médina. Je viens de sortir de la médina, deux personnes me disent que les rues commerçantes sont derrière moi, je leur réponds que "je sais", ici quand vous êtes un touriste, vous devez être dans les rues commerçantes entrain de dépenser votre argent, si un touriste n'est pas vers des commerces c'est qu'il est perdu, c'est leurs interprétation. Je ne sais pas si ils peuvent trouver logique que je m'intéresse à l'ambiance, à leur monde, beaucoup ici ont l'esprit fermé, voir même condamné, heureusement j'ai la preuve qu'il y a des gens biens aussi ici, vous verrez ça ce soir. Il n'y a pas des masses de touristes dans les rues à touristes de la médina donc quand vous en sortez vous êtes sûr d'être le seul étranger, sur ma gauche il y a une partie de la médina et sur ma droite une autre partie, elles sont séparés par une distance de cinquante mètres et plus j'avance et plus ça s'écarte. Je vois des collines sans construction, la route passe en contrebas de la médina qui se finit sur la droite, je vois un café, je décide d'y aller, je me vois déjà entrain de boire mon thé à la menthe tranquille entrain de regarder les gens passer comme si j'habitais ici. Je vais au comptoir mais il n'y a personne, un mec viens me voir, ce n'est pas le gérant c'est un ami à lui, il me demande ce que je veux, je demande un thé, à ce moment le gérant arrive, le mec lui dit que je veux un thé puis il va s'asseoir dehors. Je décide d'aller m'asseoir à une table qui est sur la terrasse ça me permettra de regarder la vie quotidienne se dérouler. Il y a plusieurs tables et à chacune il y a au moins une personne, je ne sais pas trop où m'installer, la plupart des clients c'est des anciens. Le seul qui est à peu prés jeune c'est la personne qui m'a demandé ce que je voulais boire et d'ailleurs il est entrain de me regarder, moi je suis là à faire mon timide mais la vérité c'est que je suis entrain de choisir et en même temps ça m'embête de choisir, ça casse le naturel, la simplicité, c'est instauré des règles c'est comme s'enfermé dans un monde. Là je développe le moment mais il ne s'écoule pas plus de cinq secondes entre le moment où j'arrive dehors et le moment où le mec qui m'a parlé dans le café me dit de m'asseoir à sa table. Il est intrigué, un jeune qui vient boire un thé ici, dans ce coin populaire sans touristes. Il me dit qu'il y a le quartier des tanneurs juste à coté, je lui dis que je le sais mais que je ne suis pas là pour acheter quoi que ce soit, à quoi il répond que je peux y aller juste pour regarder, je lui dis qu'effectivement je pourrais aller voir et je lui dis que ce qui m'intéresse c'est de prendre la température, c'est l'ambiance que je veux voir. Je lui dis que je préfère, par exemple comme maintenant, être à un café avec mon verre de thé, regarder comment se déroule la vie et discuter avec des gens du pays comme je suis entrain de le faire avec lui, c'est ce genre de moment que je recherche, des moments plus vrai, plus authentiques mais je ne sais pas si il comprend ma vision. Je ne sais pas si il me conseille d'aller au quartier des tanneurs pour regarder ou pour acheter mais je penche plus du coté monétaire, quand je suis dans le coin touristique de la médina je suis sûr de croiser quelqu'un qui va me dire d'aller voir les tanneurs. Ils veulent que je dépense mon argent, cela ne les intéresses pas que je m'intéresse à leur travail. Sincèrement, j'aimerais rentrer dans les commerces et dans les ateliers pour regarder les produits et leur savoir faire mais je sais que l'on va me pousser à acheter et je déteste ça donc au final je ne met pas un pied dans les commerces ni dans les ateliers. Si les touristes pouvaient flâner tranquillement je suis sur qu'ils achèteraient plus mais surtout qu'ils feraient une bonne pub pour la ville donc pour le pays et donc pour le peuple de ce pays. En fait au jour d'aujourd'hui ce pays doit avoir une mauvaise réputation à cause de la mentalité de certaines personnes, peut être que s'ils étaient plus respectueux des touristes et d'eux mêmes peut être que l'artisanat marocain et que le peuple marocain seraient très aimé. Il voit que je suis entrain de galérer avec mon verre car il est brûlant alors il me donne un conseil. Il me dit "mets un doigt en dessous et un sur le haut pour prendre ton verre" et effectivement c'est beaucoup mieux. Voilà le genre de moment que j'apprécie, pour moi un verre brûlant l'est de bas en haut mais nan en bas et en haut c'est beaucoup moins chaud que sur les cotés, ce marocain m'a appris quelque chose et avec le sourire. Après m'avoir parlé des tanneurs, il me parle des manifestations des musulmans français qui n'ont pas eu le droit de manifester, je lui dis que c'est un sujet compliqué et j'en reste là sur ce sujet. Je lui demande si il habite dans la médina, il me répond qu'il habite dans un village qui n'est pas à coté. Ensuite je lui demande si il travaille et il me dit qu'il travaille comme tanneur, je lui demande si il y a du travail à la campagne et il me répond que le travail est à Fès, il n'y a rien à la campagne, cela me fait penser que de l'avion j'ai vu beaucoup de plantations d'oliviers et je lui en parle, il me dit que les olives c'est un commerce important au Maroc et particulièrement dans la région. Nous arrêtons de discuter, je regarde le décor, des ânes sont arrivés, ils sont chargés comme des camions, ils transportent les peaux qui vont être montées aux tanneurs. Je vois d'autres ânes, ils sortent de la médina, ils transportent les poubelles puis j'en vois un autre lui il transporte carrément des moellons, certains animaux ont la capacité d'aidé l'homme en portant de lourdes charges, j'en ai la preuve sous les yeux. Les rues de la médina sont tellement étroites et leurs tracés tellement bizarre que même les deux roues n'y vont pas alors le seul moyen de transport c'est l'âne. La médina de Fès est vouée à rester telle qu'elle est avec son charme, sa culture et ses problèmes de circulation qui font parti de son charme. Je quitte mon colocataire de table mais avant il ne peut s'empêcher de me répéter que le quartier des tanneurs vaut le coup d’œil. Plus qu'un besoin c'est une maladie, il sait très bien ce qui m'attend là bas. Sa discussion était orienté vers l'argent et la religion, des piliers qui donne l'équation de la destruction. Je pars en direction de la route où j'étais tout à l'heure, je vais essayer de trouver un commerce qui fait des sandwichs. Je repasse donc par la place R-cif où je tombe sur un mec qui me propose de me faire visiter la médina encore une fois je dis que ça ne m'intéresse pas mais il ne lâche pas l'affaire. Il me dit qu'il a une femme et des enfants, que ce serait un beau geste de ma part, je reste sur ma décision et j'espère qu'il ne m'a pas menti car sinon il a vraiment l'esprit sale. J'arrive à la petite place, celle où il y a les taxis et les bus, je m'assois sur un muret pour noter l'action du bar et celle de la place R-cif. Je regarde le bus qui est devant moi et je vois un passager qui jette des papiers par la fenêtre, je me dis que c'est une scène banal quand je vois le nombre de déchets qu'il y a et quand je vois le naturel avec lequel il l'a fait. Je me lève et passe de l'autre coté de la route, je vois un snack, je leur demande si ils font des sandwichs mais il me dise que c'est trop tôt. Je regarde l'heure sur mon portable, il est un peu plus de midi mais le mec me montre une horloge qui affiche une heure de moins, il y a donc un décalage horaire qu'il n'y avait pas à Marrakech, je ne comprends pas, je m'excuse et je pars, je demanderais à un employé du riad de m'expliquer. Je passe par l'entrée que m'a fait prendre Mohamed mais je prends à gauche et puis j'y vais au pif. Sur le chemin, dans la rue, je vois trois femmes entrain de laver du linge dans des bassines, elles font ça ici car à cet endroit il y a un robinet, elles ne doivent pas avoir d'eau dans leurs habitations, je ne vois que ça comme explication. Il n'y a qu'à cet endroit que je verrais cette scène. Un peu plus loin je tombe sur une rue qui passe sous une habitation, cette partie est renforcée du début à la fin par des poutres, je me demande si la médina va rester debout encore longtemps avec cette solution. Je n'ai pas fait beaucoup de rue mais j'ai déjà vu pas mal de fortifications sommaires. Je n'ai fait qu'aller tout droit car je n'avais pas le choix mais là je peux tourner à gauche ou continuer tout droit, je prends à gauche, la rue est très étroite il n'y a pas besoin de tendre les bras pour toucher les murs. Cette rue fait un angle droit et dans l'angle il y a une personne âgée au visage marqué qui est assise par terre et qui fait l'aumône. je ne la regarde pas et les locaux font de même. Elle fait partie du paysage, je la verrais souvent. Je reprends à gauche et je tombe sur la rue où je me suis acheté à manger le premier soir, parfait, ce chemin est le bon, Mohamed, le guide qui m'a amené au riad le premier soir m'a fait prendre un chemin plus long et plus compliqué. J'arrive au riad, je demande à la propriétaire pourquoi je n'ai pas la bonne heure, elle me dit qu'il y a un décalage d'une heure parce que c'est une semaine ou un mois spécial, je ne sais plus et je ne sais plus à quel événement ça correspondait. Je vais sur internet, il est en espagnole après je vais dans la salle télé où un des employés regarde une série à l'européenne. Je lui demande si c'est une chaîne marocaine et il me dit que c'est une chaîne libanaise. Je lui demande si il existe des séries marocaines de ce type là, il me dit que oui mais ça réponse me paraît évasive. Je vais sur la terrasse, je prends un stylo et mon bloc note et j'y note mes observations. Une fois finit je reprends la rue qui descends à l'arrêt de bus, la vieille est toujours là, j'arrive au snack, je prend un sandwich au poulet et je m'installe au fond en face de l'écran plat. Il y a un reportage sur les industrielles du lait à Dubaï, ce pays où l'argent est investi n'importe comment, je trouve ça sympa de pouvoir se cultiver. Quand je regarde dans la rue je vois plein de gens qui ne font rien et là dans ce snack je tombe sur une télé dont la chaîne permet d'agrandir son savoir. Dans le reportage les vaches sont traitées comme des reines, la nourriture leur est versé par un tracteur dont le godet est plus grand que la moyenne, tout est à l'échelle américaine, sauf que là les vaches sont élevées dans un climat désertique, c'est Dubaï quoi. Je mange mon sandwich, mes frites et je bois ma boisson, je m'attend à payer à peu prés 15 dirhams pour le sandwich et les frites. Je demande au gérant combien je lui dois, "50 dirhams ", à Béziers j'ai un américain avec des frites et une canette pour ce prix là. Je paye mais je suis dégoûté 4 euros le petit sandwich, plus les frites et 1 euros la boisson, il m'a bien allumé, je vais devoir trouver un autre endroit pour manger. Maintenant je vais voir si je trouve un commerce qui vend des keffiehs car le soleil tape vraiment trop, dans les petites rues de la médina on est protégé mais dés qu'on en sort c'est autre chose. Je reprends la rue de ce matin, je ne vois que des foulards pour les femmes et des keffiehs aux couleurs féminines. Je marche, je marche et je vois deux commerces qui vendent des casquettes, je continue et j'en vois deux autres mais c'est le premier qui me tente le plus et en plus il est tenu par un jeune. Le choix est large, j'en essaye une mais elle est trop large, c'est dommage c'est la seule qui est toute noire, j'en veux une qui soit discrète, je m'affiche déjà assez avec mon short à carreaux bleus et rayures jaunes en plus de mon tee shirt bleu. Je vois qu'il en a un deuxième exemplaire, je lui demande si c'est la même taille, il me la tend, je l'essaye, la taille est bonne. Le prix, 80 dirhams, les coutures ne sont pas symétriques mais pour ce prix là je m'en fous, ce sera très bien pour le soleil. Je pars, je retourne à l'arrêt de bus mais je vois un snack en chemin, je vais demander au mec combien coûte ces sandwichs, 15 dirhams le poulet et 18 la viande hachée, voilà ça c'est les prix normaux, je lui dis que je repasserais, je sais où je mangerais ce soir. Tout à l'heure, j'ai demandé à un employé du riad si il y avait un bus qui allait à la gare, il m'a dit que je devais prendre le n°19. J'arrive à l'arrêt, je m'assois sur un muret, les bus, les taxis et les passants défilent, sur ma droite il y a un hôtel, devant la porte il y a deux gros quatre quatre allemands, ce doit être un hôtel d'un standing assez élevé. Au bout d'un moment je vois enfin arriver le bus n°19, je demande au chauffeur combien ça coûte, il ne parle pas français, ça m'indique que les touristes ne prennent pas le bus ici, il faut dire que le taxi n'est pas chère, du moins comparé à la France où il faut payer 20 euros pour cinq minutes. Ensuite je lui demande à quelle heure il passe ici mais là il ne comprend pas, il me donne des réponses qui n'ont rien à voir avec ma question, j'aurais du prendre mon livre d'arabe, je suis trop con. Il appel un collègue à lui qui est juste à coté, il ne comprend pas plus, je lui demande quelles sont les horaires, à quelles heures le bus passe ici, "il passe le matin", "vers 7h (à la louche)" voilà le genre de réponses qu'il me donne, puis au final il finit par me donner plusieurs horaires précis. J'ai eu ma réponse, ça n'a pas était facile mais je l'ai eu, je compte aller à Mekhnès en prenant le train c'est pour ça que j'avais besoin de cette info. J'ai les horaires du train grâce au site internet de l'ONCF donc ensuite il me fallait les horaires précis pour le bus. La mission se protéger du soleil c'est bon et la mission bus aussi alors je n'ai plus rien à faire, je peux aller me promener mais avant je repasse au riad où je pourrais écrire mes notes en étant calé correctement. Dans la chambre il y a cette fille que je vois dans son lit depuis hier, soit elle est malade, soit elle ne veut pas sortir, en tout cas le temps doit lui paraître long. Le mec de l'accueil du riad m'a donné un plan et je peux voir que la médina à une rue principale, elle part de la place Boujloud et se finit dans le cœur commerciale de la médina qui n'est pas loin de la place R-cif qui est mon point de repère principal pour retrouver mon chemin pour retourner à l'auberge. Je sors, direction cette rue principale, mon plan n'a pas toutes les rues donc je vais devoir compter sur la chance. Mon auberge de jeunesse se trouve dans une zone d'habitations et d'ailleurs je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de rues commerçantes, hier quand je cherchais l'auberge, j'ai surtout vu des rues étroites et vides. Je me lance, je marche depuis dix minutes et je n'ai pas vu de commerces. Les habitations ont l'apparence de murailles, seul le silence m'accompagne et les rencontres n'y changent rien, les animations n'existent pas dans ce coin. Les passants sont des fantômes apparents et leurs regards ne m'est pas destiné à croire que je les effraient, je ne demande pas à discuter mais un "salam haleykum" ou un sourire ça me ferait plaisir. La vie est endormie, les enfants ne sont pas ici tout comme les rencontres entre amis, rare sont les moments de sympathie dans ces rues où l'on se croise de prés en vis à vis. Je ne sais pas du tout où je suis, je me dis que je finirais bien par tomber sur la rue qui part de la place Boujloud car logiquement je ne peux pas la louper. Je vais soit à gauche sois tout droit depuis tout à l'heure et je ne fais que monter. Si je tombe sur le mur d'enceinte c'est que je dois aller tout droit où à droite car il est sur ma gauche sur le plan et la rue principale part du mur d'enceinte et elle part tout droit, presque à la perpendiculaire. Quelques minutes plus tard me voilà arrivé à l'axe majeur de la médina. Je suis sorti de l'ambiance de la nuit et je suis entré dans celle de la journée, cette rue est commerciale et empruntée par toute la communauté. Je remonte la rue, je veux voir l'entrée, je suis déjà venu ici le premier jour, celui qui s'apparentait au parcours du combattant cherchant juste son logement. Je prends conscience que j'étais loin de le trouver, sauf si j'avais utilisé un peu de monnaie. La place Boujloud n'a rien de photogénique, elle n'a rien de fantastique, c'est juste un endroit dédié à l'inutilité. Je retourne sur mes pas, j'ai envie de goûter à la rue la plus animée qui fend le cocon de cette population. A l'entrée les restaurants forment un groupe de concurrents où l'alimentaire sert d'aimant. Le rabatteur d'un restaurant viens me voir, il m'invite à manger ici mais je ne l'écoute pas vraiment mais je l'entend. Je lui réponds que je me nourris de sandwich sous entendant que je n'ai pas les mêmes valeurs que les riches. Il ne s'attarde pas sur mon cas et pars vers d'autres proies. La rue est composée de commerces, c'est l'opposé du précédent monde que j'ai traversé pourtant ils sont collés. Il n'y a pas de transition, le changement ne se fait pas par diminution. Un mec d'une trentaine d'année vient à ma rencontre, il me propose du chocolat pour bronzer, je lui dis que je n'achète pas de cannabis ici, ensuite il commence à me parler de ce qu'il fait pour m'appâter. Son métier c'est de restaurer des tableaux, il rajoute "je suis un artiste" à quoi je réponds "ah c'est pour ça", en référence au cannabis, il comprend pourquoi je luis dis ça, il comprend ma façon de pensée, je rigole et lui aussi, je lui souhaite une bonne journée, il en fait de même. Petite précision, quand quelqu'un m'interpelle, même si je discute avec lui je continue de marcher et ce n'est jamais les femmes qui interpellent, ce qui est compréhensible ici. Je ne parle pas de tout ceux qui m'ont interpellé car ils sont beaucoup trop nombreux. Je pensais que ce gisement commercial amènerait une foule de touristes mais il n'en est rien. Je pense que la vente aux occidentaux à un taux oxydé par les médias français. Un énième pseudo guide me propose du shit, je lui réponds que je ne suis pas intéressé, il reprend sa route, il est devant moi, son pas est plus rapide que le mien, il veut prendre de l'avance. Je le vois venir, en même temps qu'il marche il jette des coups d’œil derrière lui, va-t-il s'arrêter pour m'accoster encore une fois, ça ne rate pas, j'arrive à sa hauteur, il ne m'aborde pas tout de suite, il suit mon pas de manière symétrique et après quelques mètres il se met à me parler des tanneurs. Je lui tape sur l'épaule et lui dis "tu perds ton temps, va trouver d'autres touristes, bonne journée", me voilà tranquille. Ma façon d'être n'est pas humaine mais elle permet une balade plus sereine. Le socialisme je le pratique à ma sauce, une bonne dose de vérité en faisant comprendre que je ne cherche pas l'amitié de gens à la mentalité corrompus par cette société née à travers les marchés. Je sais bien qu'il y a plein de gens bien cachés derrière cette facette mais je leur accorderais de l'importance quand il me parleront d'autres sujets que celui du cannabis et des commerces. Je retourne au riad sans savoir par où je suis passé. Je monte à la chambre, la fille est toujours dans son lit, je lui demande si elle est malade, je ne comprends rien à sa réponse, parler anglais ce n'est pas mon point fort et le comprendre encore moins. J'ai de la chance elle parle un peu français, elle est professeur et elle est péruvienne, elle parle anglais, espagnol, un peu français, portugais et un peu chinois. Moi je parle français, un tout petit peu anglais et un tout petit peu espagnole et pour la compréhension de ces langues étrangères je suis tout simplement médiocre. Elle me dit qu'elle part demain et qu'elle est là depuis trois jours, dont deux à dormir d'après ce que j'ai vu. Je monte sur la terrasse comme après chaque balade, c'est le moment d'écrire les grandes lignes. Je développe mon récit à partir de ces notes, qui remplissent trente trois pages d'un bloc note de 105x148.

Mon devoir finit je descends dans le salon, à la télé il y a un clip de rap américain, décidément la télé n'a rien de marocaine dans ce riad. Il est l'heure d'aller acheter à manger, je pars en direction de la place R-Cif, arrivé à la place je vois du changement. Elle grouille de monde, l'image qu'elle renvoie me plonge dans ce souvenir passé dans la cour de récréation, les jeunes font du foot en se servant des bancs en guise de cages, une vision universelle, les gradins sont presque pleins, ils permettent de savoir si c'est le soir où le matin. Le soleil est entrain de se coucher révélant cette couleur orangée annonçant le début de soirée et poussant la population à agir comme par invitation. Je rentre dans la rue commerçante, elle est bruyante, un peu étouffante, les filles sont bien habillées, bien animées, elles ont le sourire d'affiché et sont symbole de cercles d'amitiés. J'ai un peu de mal à me frayer un chemin, c'était beaucoup plus calme ce matin, je fais attention à mes mains, nous sommes serrés et je ne voudrais pas toucher un fessier sinon ça pourrait dégénérer. Mon snack est en vue, je commande un sandwich avec des frites. Je vois un produit que je ne connais pas, je demande au vendeur ce que c'est, "un beignet de pomme de terre", il m'en offre un pour que je goûte et il a raison, ce n'est pas mauvais qu'il rajoute ça sur l'addition. Son snack est agencé comme un kebab, petite information, à Marrakech et à Fès je n'ai pas vu de kebab. Je regarde la foule défilée, je ne sais pas où vont tout ces gens et ce n'est que maintenant en écrivant que je me dis que j'aurais du demander. Ma commande est prête, je prends le sac et pars, quelques mètres plus loin je retombe sur un mec que j'ai croisé tout à l'heure et qui m'avait proposé du shit. Il a une bonne tête, il ne fait pas agressif, je le verrais bien entrain de raconter des blagues aux touristes, il n'a rien d'un dealer, je le regarde en rigolant et je lui dis "tu lâche jamais l'affaire toi" et je pars sans m'attarder mais je veux voir si on était sur la même longueur d'onde alors je me retourne et je vois qu'il est entrain de se retourner pour partir de le sens opposé du mien mais ce qui m'intéresse c'est son visage, j'en vois une partie un court instant et je peux voir qu'il est entrain de rigoler, ça va nous nous sommes compris. Ce genre de personnage ne me gêne pas comme l'artiste peintre fumeur, quand l'interaction se fait dans la rigolade, dans le sourire alors ces moments ne sont que plaisir. Je marche dans cette petite rue que je prends tous les jours pour faire de la place R-cif à l'auberge, comme tous les jours je croise quelques jeunes et des anciens et puis à un moment un homme qui doit avoir un peu plus de la trentaine m'interpelle. Je me demande ce qu'il me veut, dans cette partie de la médina il n'y a pas de pseudo guide et les pseudo guide n'ont pas plus de la trentaine. Il me demande d'où je viens, je lui réponds et puis il se met à me parler de son travail, il me dit qu'il est dj, qu'il travaille au Maroc, qu'il a fait plusieurs soirées et puis il prend son téléphone pour me montrer des photos où on le voit mixer, ce mec est débordant d'enthousiasme, il a du croire en m'abordant que je lui trouverais du boulot en occident. Je ne comprends pas quel peut être son but mais je comprends que mon sandwich qui va refroidir va me permettre de partir. Je mets fin à la discussion en prétextant que je ne veux pas manger froid mais la vérité est que je préfère être écarté de ce genre de personnalité. J'arrive au riad, les jeunes qui traînent devant le commerce qui est à coté sont toujours là, cette image marche par multiplication, elle gangrène l'évolution de la population et pire que cela, projette une vie dénuée de passion mais malgré ce que j'écris je suis conscient que l'on ne leur a peut être pas indiqué la direction. Au jour d'aujourd'hui, il est difficile de s'imaginer consacrer du temps à un domaine ne rapportant pas de l'argent immédiatement, c'est mon ressenti. J'écris, je passe des nuits à gamberger pour développer ce récit mais qui me dit que cela me fera gagner ma vie, je pars du principe que cela n'intéressera jamais personne, cet art me passionne, son attraction attire trop mes convictions et ça me suffit. Je rentre dans l'auberge, la patronne vient me voir, elle me dit qu'il y a des danseuses qui viennent faire une démonstration ce soir et que ça coûte vingt dirhams. Je ne suis pas contre ce spectacle mais je suis contre le fait qu'il se passe dans le riad, l'art doit être dans les rues où dans des lieues dédiés à cela. Inciter les clients à rester dans le riad est commercialement parlant une bonne idée mais pas humainement parlant. Je lui réponds que je ne suis pas intéressé, elle me rappel que le prix n'est que de deux euros mais je ne marche pas à l'argent alors je resterais sur ma position.

Je passe à la chambre pour déposer mon sac et je ne sais plus pourquoi je commence une discussion avec un des occupants de la chambre. Il faut savoir que dans une auberge de jeunesse les contacts se font rapidement, généralement ça commence par un "where do you from?" sorti de on ne sait où, sans préavis et avec un intéressement réel. Il est de Nouvelle Zélande et lui aussi il parle français, j'ai de la chance. On discute de notre séjour et puis il me demande ce que je compte faire dans les prochains jours alors je lui dis que je compte aller à Meknès demain. Il me dit qu'il y a Volubilis pas loin de Meknès, je lui demande ce que c'est, je n'en ai jamais entendu parler, il me dit que c'est des ruines romaines. Je ne suis pas enthousiasmé par son idée mais il n'est pas contre l'idée de visiter Meknès et puis passer du temps avec de nouvelles personnalités ça m'intéresse. Il m'explique comment on doit faire pour aller à Volubilis, on se met d'accord sur l'horaire du train et puis je monte à la terrasse. Il s'appel Kevin, Kevin voyage seul, comme la péruvienne et comme Patricia, Sarah et Hannah, trois filles que je vais rencontrer plus tard. J'ai été étonné de voir autant de voyageuses solitaires dans ce pays et surtout avec le contexte du moment qui est caractérisé par le film sur l'islamophobie.

Je monte à la terrasse la plus haute, je croise Karim en chemin, un des employés du riad avec qui j'ai un bon contact. Je lui demande si c'est normal le fait qu'il n'y ai presque pas de touristes, il m'explique que le printemps arabe, plus le film sur l'islamophobie, plus les manifestations des musulmans en France on fait fuir les touristes. Je lui demande si la grosse saison est passée, en sachant qu'on est fin Septembre donc que les vacances pour la plupart des français sont finit, il me répond que l'auberge devrait être complète normalement, ce qui n'est pas le cas et puis il revient sur les manifestations des musulmans en France qui ont étaient interdites. Je ne sais plus vraiment ce que j'ai répondu, j'ai du lui dire que les religions et en particulier l'islam c'est un sujet sensible surtout en France. Je ne me suis pas étendu sur le sujet après on a parlé du film sur l'islam, je lui est dis que pour moi la seule chose qu'aurais du faire les musulmans, c'est ignorer le film et continuer de pratiquer leur religion qui leur parait bénéfique. A quoi il répond que les américains se sont attaqués au prophète, sous entendant que cela ils ne peuvent l'accepter ou même l'ignorer. Je n'ai pas de notes de mes discussions donc je ne peux tout décrire. Je me souviens qu'après nous avons parlé des religions et il m'a dit qu'il pensait que chacun devrait avoir le droit de pratiquer sa religion comme il voulait et il a pris comme exemple la tenue vestimentaire, l'étiquette visuelle, il n'a pas développé mais quand je lui ai dis que "seuls les livres devraient avoir le droit de parler de religion", il a acquiescé donc je pense qu'il est ouvert d'esprit sur les religions. Notre discussion s'arrête car si la patronne le voit entrain de discuter tranquille avec un client ça ne va pas lui plaire. Sur cette terrasse il y a trois transat, je me mets sur l'un d'eux. La nuit est tombée, je regarde les étoiles et écoute le silence jusqu'a ce que retentisse l'appel à la prière. Je l'ai déjà entendu mais je n'arrive toujours pas à m'y faire, je pense à cette façon de vivre et à cette médina et je me demande comment ils font pour accepter que l'occident installe une partie de son âme chez eux. Nous vivons tous sur la même planète, ça c'est sûr mais nous ne vivons pas tous dans le même monde. Le communisme existe dans ce pays, il n'est pas utilisé de la même manière qu'en Corée du nord mais ça dimension n'est pas négligeable. J'ai vu qu'il y avait quatre filles que je n'avais jamais vu à la terrasse principale, je décide d'aller faire connaissance avec mon anglais d'élève pas convaincu de son utilité mais ce n'est pas grave car je vais tomber une troisième fois sur quelqu'un qui parle un peu français. Je m'assois en face de Sarah, une australienne, elle est pas mal et sa tenue vestimentaire est distinguée, ce qui n'est pas un point positif pour moi, à ma droite il y a Hanna, elle est allemande, elle a le visage d'une étudiante sérieuse, coiffé correctement avec les lunettes qui cassent un peu les courbes de son visage, elle a l'air bien éduquée et sa tenue vestimentaire est simple. Au premier regard Hanna ce n'est pas trop mon style, Sarah me plait plus et elle a l'air plus joyeuse. Je ne sais plus d'où arrivait Sarah mais je me souviens qu'Hanna m'avait dit qu'elle avait fait un grand nombre de villes au Maroc avant de finir par Fès. Sarah qui parle un peu français, me parle de Meknès alors je lui dis que j'y vais demain avec Kevin le mec de Nouvelle-Zélande et je lui dis qu'on a prévu de prendre le train de 10h20 pour aller à Meknès et qu'arrivé là bas il faudra prendre un taxi pour se rendre à Volubilis. Je lui précise qu'on fera aussi un tour à Meknès sur le retour et je lui demande si ça lui va et elle me répond qu'elle est partante. On ne c'était jamais vu et demain on fait une sortie ensemble, les auberges de jeunesse c'est magique pour ça. Ensuite je demande à Sarah où elle va après Fès, elle me répond qu'elle va a Marrakech et entendant ça, je ne peux m'empêcher de lui décrire Marrakech qui n'est pas vraiment plus agréable que Fès, ça l'a refroidit surtout que Hanna, qui était à Marrakech il y a quelques semaines auparavant, rajoute une couche de négatif à ma description. Nous continuons de discuter puis Sarah part se coucher, j'engage donc la discussion avec Hanna sans grand enthousiasme, au départ c'est vraiment pour ne pas partir comme un voleur. Je lui demande ce qu'elle fait dans la vie mais son travail n'est pas commun et étant donné quelle ne parle pas français et que je n'ai pas de vocabulaire en anglais je ne comprends pas grand chose et puis je n'ai pas pris de notes sur ce passage donc ça ne m'aide pas. Elle me renvoie la question, je lui réponds en galérant mais elle comprend, la discussion malgré qu'elle soit laborieuse se passe bien et cette fille commence à m'interpeller, elle ne me laisse pas indifférent. Ensuite je lui demande où elle va après Fès, elle me dit qu'elle va retourner en Allemagne, qu'elle va retourner dans le vie réelle et ces deux mots "vie réelle" ont une très grande signification pour moi car elle a dit ça avec le sourire mais sans vraiment vouloir faire de l'humour et cette scène j'aurais pu la faire aussi en utilisant la même expression du visage et les mêmes mots. De temps en temps elle enlève ces lunettes et là je vois un visage de gentillesse, de douceur, je vois le visage d'une fille qui me dit "je vais retourner dans la vie réelle mais je n'en ai pas envie, une fois en Allemagne je ne sais pas ce que je vais faire", elle se cherche, elle court après sa vraie vie sans être aigrie, sans cracher sur qui que ce soit, elle m'éclaire de son visage qui respire l'âme de la gentillesse et j'adore ça. Je dois avouer qu'écrire le récit de Fès c'est un peu une corvée car j'y ai vécu des mauvais moments qui m'ont marqué mais écrire le passage avec Hanna c'est un vrai plaisir et heureusement ce n'est pas le seul. Je ne sais pas si je suis plus sensible plus humain qu'avant, je me pose cette question car quand je discute avec Hanna je suis dans une ambiance de bien être que j'ai rarement connu avec une femme, elle ne me connaît pas, je ne la connais pas mais je trouve que ce n'est pas important car son regard et sa façon d'être disent tout ce que j'ai besoin de savoir et j'ai l'impression qu'il n'y a rien à jeter. Il commence à être tard, moi je suis limité par mon anglais et Hanna par demain à l'aube donc elle décide d'aller se coucher. Elle me demande de lui donner mon adresse mail, je l'ai fais et au jour d'aujourd'hui elle s'en est jamais servit. Elle part se coucher et moi je vais en bas, je vais voir si il y a un peu d'ambiance. Je vois Kevin qui est entrain de regarder la télé, je vais le voir et je lui dis que j'ai invité Sarah à venir avec nous, ça ne le gêne pas du tout, le contraire m'aurait énervé et surtout étonné. Kevin, Sarah et moi sommes là pour la même chose. La journée a été longue, je vais me coucher mais le sommeil, entre le voisin de lit superposé qui tousse et la chambre qui me fait l'effet d'un sauna, sera dur à trouver.

Lundi:

Le réveil sonne, je file à la douche et je descends prendre le petit déjeuner, je croise Sarah, elle est prête aussi, elle me demande où est Kevin, à quoi je réponds qu'il doit prendre sa douche alors qu'en fait je n'en sais rien mais c'est ce que j'espère car on est pas large sur le timing. Le petit déjeuner finit je monte à la chambre voir ce que fait Kevin, je le vois assis sur son lit, habillé et avec son ordinateur sur les genoux, je lui dis qu'on est prêt et qu'on l'attend. Je redescend et je dis à Sarah que Kevin ne va pas tarder à descendre, là encore je parle sans savoir si ce que je dis est vrai et en plus je ne sais pas si il a déjeuner. Le temps passe et toujours pas de Kevin en vue, Sarah me demande ce qu'il fait alors je remonte et je vois Kevin qui n'a pas bougé et qui n'a pas l'air de se rendre compte que le train part d'en moins d'une demi heure donc je lui dis qu'il faut qu'on ne tarde pas, sans grand succès. Il finit par descendre cinq minutes plus tard. Nous partons, je les fait passer par mon itinéraire habituel pour rejoindre le lieu où les taxis s'arrêtent et Sarah n'ayant à priori pas vraiment visiter le coin me demande si je sais où je vais. Je lui réponds en souriant que je prends ces rues tout les jours donc "oui je sais où je vais". Apparemment, il n'y a pas que moi qui ne soit pas rassuré par la configuration de la médina, quelques minutes plus tard nous arrivons et nous prenons un taxi qui nous emmène à la gare pour quinze dirhams. Nous arrivons à la gare, son plafond est haut et a un dessin un peu travaillé. La gare est belle et propre, étant français c'est moi qui prend les billets. Nous allons au train, il part dans moins de cinq minutes, une fois à l'intérieur je me rends compte qu'il est du même niveau qu'un train français mise à part la mousse des fauteuils qui est plus souple mais étant donné que le prix du billet est faible cela rend sûrement le rapport qualité/prix bien meilleur qu'en France surtout quand on sait qu'en France cela coûte le même prix de prendre sa voiture où le train tant que l'on a pas de carte spéciale. En France nous avons la sécurité sociale et nous avons aussi des trains qui coûtent le même prix que les transports individuels, pour ce qui est des trajets départementaux. Une chose est sure, en France on est loin, très loin du communisme. Pendant le trajet nous discutons de beaucoup de choses et notamment de musique, Sarah me parle d'une chanson française qu'elle aime beaucoup, je ne sais plus laquelle c'était mais je me souviens que je lui ai dis que cette chanson était vieille, qu'elle avait au moins vingt ans, je suis surpris car apparemment c'était une chanson qui passait en Australie, là je me rends compte que l'on habite tous sur la même planète mais que la distance peut créer un décalage même à l'époque d'internet et Kevin qui est de Nouvelle Zélande me fera le même coup en me parlant d'un chanteur français. Dans ces moments là je me dis que je ne voyage pas pour rien mais si au lieu d'être là, j'étais en Allemagne et que je logeais dans un hôtel je suis sûr que je me nourrirais moins. Nous arrivons à Meknès, le train s'arrête, nous nous levons, je regarde le décor extérieur et je m'aperçois que c'est désertique pour une ville. Je me souviens que Kevin m'avait dit qu'il y avait deux gares mais je ne sais plus à laquelle nous devons descendre, il y a deux filles assises à coté de nous, je leur demande si c'est la bonne gare et elle me répondent que nous devons descendre à la deuxième si nous allons au centre ville donc nous attendons la prochaine. Arrivé à la deuxième gare le décor correspond à celui d'une ville, nous descendons, nous voilà à Meknès, maintenant il faut que l'on sache comment on opère. Nous décidons d'aller à Volubilis et de faire un tour dans Meknès après donc maintenant il nous faut un taxi ou un bus pour aller à Volubilis. Je demande à des passants où es ce que se trouve le lieu pour prendre les bus, on me dit que nous devons continuer de marcher le long de l'avenue et que les bus se trouvent au rond point. Nous voilà au rond point, il n'y a pas de bus pour Volubilis mais il y a des grands taxis, je dis à Sarah et Kevin qu'il n'y a pas de bus donc ce sera le taxi, je vais demander le prix. Le premier chauffeur m'annonce 350 dirhams pour l'aller retour et il reste deux heures sur place, à ce moment je comprends que le chauffeur va rester pour nous attendre, ce qui veut dire que le site doit être perdu et à une distance assez élevée qui oblige les chauffeurs à rester avec leurs clients si ils veulent amortir le chemin du retour. D'autres chauffeurs me propose 300, 250, en restant deux heures, en restant une heure puis avec un des chauffeurs j'arrive à faire descendre le prix à 200 dirhams en restant une heure sur place. Je ne sais pas quelle taille fait le site alors je demande à Kevin, c'est lui qui voulait voir Volubilis, si ça lui convient, si il pense qu'une heure ce sera suffisant, il est ok et Sarah aussi. Nous montons dans le taxi, je monte devant, Sarah et Kevin montent à l'arrière, le taxi ne change pas des autres. Cette sensation de flotter sur la route, d'avoir l'impression d'être assis dans une voiture ne créant pas de perception est toujours présente. Nous quittons la ville, le paysage est vallonné, il s'habille de marron, de vert, de noir et de bleu. Mes deux collègues de voyages discutent, je pourrais participer à la conversation si mon anglais était bon, encore une fois je ne parle pas, je m'enferme, j'ai l'impression d'être seul, je finis par penser que je le veux bien, que je préfère sans doute que ça se passe comme ça. Peut être ais-je peur de me dévoiler, de prendre part à des discussions qui me pousseront à dire des phrases dont le coté philosophique peut laisser perplexe un grand nombre de personnes. Une chose est sure, cette façon d'être, je m'y suis fait. Notre chauffeur tient son volant avec légèreté, il utilise le goudron dans sa totalité et se rabattra quand l'autre voie sera utilisée. Nous passons à proximité d'un village perché à flanc de rocher, nous ne le visitons pas mais je pense que ça méritait un arrêt. Non loin de là nous tombons sur un rond point où il y a deux flics et deux voitures qui passes par heure. Après environ 40 minutes de routes nous arrivons à Volubilis, le chauffeur est sur ses gardes et nous rappel qu'il ne faut pas que l'on tarde, cela risquerait de lui faire monter la moutarde au nez. Il ne le sait pas mais dans mon choix je ne compte pas m'attarder sur ces ruines qui n'arrives pas à m'interpeller. Je fais la visite car Kevin aime ce qui a de l'âge, Sarah est, je pense un peu comme moi sur ce sujet là, pas vraiment intéressé mais contente de pouvoir partager un instant à l'étranger avec deux personnes à peine identifié. L'endroit est très nature, de la rocaille, une très faible verdure et un point de vue assez sympa. Certains vestiges sont en bonne état mais le site reste platonique, du moins pour quelqu'un qui a déjà vu des ruines, après mon avis est celui d'un mec désintéressé, Kevin tiendrais sûrement un discours différent. Là est la raison de mon acceptation à venir ici, voir Kevin qui se plait à travailler son imagination, voir quelqu'un qui s'épanouit c'est le but de la vie. Kevin n’est pas au point de se transformer en gamin mais il est dans un de ses éléments et c'est cool à voir. Je photographie plus pour m'occuper que par envie, je ne serais pas déçu quand ce sera finit mais ce n'est pas désagréable d'être en leur compagnie. Notre temps est écoulé, le chauffeur va commencer à s'impatienter, nous avons fait le tour du site sans nous précipiter, il faut être archéologue pour rester plus d'une heure sans s'ennuyer.

L'heure arrive à sa fin, nous rejoignons le taxi, la conduite du chauffeur ne change pas, si le fait de rouler sur la ligne blanche lui rajoutait des points sur son permis alors il en aurait des milliers. Je parle de points mais je ne sais pas comment ça marche ici. Prochaine étape la visite de la médina de Meknès mais avant ça ils nous faut rassasié nos trois estomacs. Nous arrivons à Meknès, à l'entrée de la ville s'est implanté une classe sociale pas fébrile aux maisons cossues et taillées avec style. Des inégalités de richesse il y en a Meknès comme à Fès, de l'Afrique à l'Amérique, la question c'est souvent le fric. Déposé sur une avenue nous nous mettons à la recherche d'un restaurant à l'apparence de "bienvenue". Si j’avais étais seul, je me serais arrêtais dans un petit truc mais là nous sommes trois et je ne connais pas le standing de mes compagnons mais je sais qu’ils font partie de l’occident donc un restaurant à l’européenne devrait convenir à tout le monde. Nous réussissons notre quête après quelques hochements négatifs de tête. Nous voilà revenu en occident mais dans une affaire de musulmans, dans toutes les religions, dans tous les pays on sait cuisiner les aliments et aménager le lieu avec une bonne décoration. L'ambiance est la même que dans un restaurant français d'une grande chaîne, elle est jeune et décontracté, les clients ne font pas parti de la pauvreté, pas âgés, habillé à l’européenne ce ne sont pas eux qui sont à la peine. A coté de notre table, une femme la trentaine à son string qui fait l’effet d’une antenne. Le sacré, ici, a été remplacé par la rentabilité et par l’envie d’être exhibé. Les serveurs sont dans le mouvement, leurs clients n’ont pas le temps et la qualité de ma pizza à 4,50 euros me convient parfaitement. Les serveurs assurent le confort et la réussite sociale de leur système économique discute avec enthousiasme et débit. Ce lieu n'est pas touristique, pas authentique, pas vrai mais il y a tellement à lire que je m'y plais. Ici flotte le parfum de l'occident qui se voit matériellement parlant, se ressent et qui doit s'entendre quand on comprend l'arabe. Le repas fini nous voilà reparti dans ce monde que je n’ai pas définis. Mon ressenti est contrasté, difficile pour moi de savoir dans quel monde je suis entrain de marcher. L’activité des rues n’a pas de quoi nous interpeller, l’extravagance est en vacances, la personnalisation est en voie de disparition, l’environnement extérieur ici ne sent pas le changement. Ses mises à jour ne sont qu’un copier/collé d’un occident qui leur a donné des idées qui ont dix ans. Nous grimpons dans notre troisième taxi, direction la vieille médina et là bas on improvisera. Devant nous une place, une porte et un mur d’enceinte, nous indique qu’il faut entrer pour visiter. Ce n’est pas un musé, c’est juste le clos fermé des habitants de cette cité. Par crainte ou par curiosité nous décidons de dévier et partons dans le marché. Il y a peu de gens, il y a un commerçant qui dort sur son comptoir recroquevillé comme un enfant, le temps a l’air lassant plus que délassant dans cette place aux aliments. Nous retournons à l’air libre voir si il y a plus de choses qui vibrent et nous constatons que l’intensité est à peu prés à égalité. La rue est bordélique, au niveau de l’organisation de la gestion de la place c’est un temps soit peu anarchique, ils sont boulimique d’agencements incohérents. Ils ne travaillent pas dans la facilité parce qu’ils l’on décidé, c’est l’idée que je m’en fais. C’est le genre de visage qui ne s’instaure pas dans le partage, ça a été une erreur de venir ici en visiteurs. Je voulais voir l’épicentre de Meknès, le coeur de la ville, écouter ces battements pour voir s’ils sont différents de ceux de Fès mais au lieu de ça j’ai vu un coin où ce n’est pas encore ça. Nous décidons de retourner à la gare, il est trop tard pour aller voir un coin plus bavard où l’on passe son temps à se nourrir du regard et de sensations que l’on trouve bizarre par manque de vécu guidé par le hasard. Notre quatrième taxi nous ramène au point de départ qui nous apprend que notre train arrive plus tard. Il y a un café juste à coté, ça sent la pause bien calé avec un thé pour mieux m’immerger, pour être dans une équation faite de leurs habitudes maisons. Pour connaître le costume il faut essayer les coutumes. Installé à l’extérieur, on voit passer deux, trois fois le cireur et nous voyons proposer les mêmes produits plusieurs fois par le même vendeur. La débrouille fait parti de l’art de vivre dans ce pays, ce qui est un symbole de l’écologie. Nous discutons, nous observons, nous payons et filons. Je quitte cette ville en ayant vu un nombre réduit de ces facettes, si on me demandait si elle vaut le coup, je répondrais que je n’ai pas le droit de m’exprimer. Le trajet ce fait en parti dans le silence pour moi, je regarde ce paysage marron et je m’y fond. Mes deux compagnons discutent pendant que le mot différence m’offre une énième vision de son monde. Arrivé à la gare nous sommes accueilli par une bande de renards qui pratique des prix qui changes du matin au soir. Je fais le tour des chauffeurs pour trouver le taxi qui a le meilleur prix mais ce soir tous les tarifs ont la même valeur, celle qui permettrait à une personne qui est au rsa de se payer le taxi en France. De la médina à la gare (5mn de taxi) c’est un 1,50 euros et 3,50 en sens inverse. De retour à l’auberge je reprends ma vie de solitaire, je vais m’acheter à manger dans la médina, je me plonge parmi ces gens qui iront prier à l’appel. Je cherche des yeux les touristes mais en ce moment le tourisme est triste, je suis un des rares étrangers, je n’ai personne à qui m’identifier visuellement parlant. Mon sandwich finit, je reprends mon parcours habituel, je passe de ruelles en ruelles en écoutant l’appel à la prière, ce chemin je le connais par coeur, c’est le seul que je prends sans craindre de croiser le genre de personne qui m’écoeure. J'arrive à mon logement, cette bulle pour touristes qui m'apparaît des fois comme un refuge. Je monte sur la terrasse pour être tranquille, à l'air libre, je vois qu'il y a une nouvelle fille. Je fais sa connaissance, comment, je ne sais plus, c'est sûrement parti d'un truc standard du genre "where do you from". Elle s'appelle Sofia, elle est espagnole et parle français. Elle est à Fès car elle a vécu une vérité qui l'a poussé à s'éloigner. Elle a connu une règle dans laquelle elle ne s'est pas reconnu. Tenté par l'idée d'une immersion dans une autre religion, elle en acquis le début d'une opinion. Son amie marocaine qui vit en Espagne lui a proposé d'aller dans sa famille au Maroc mais sans elle, Sofia a acceptée et aujourd'hui je pense que c'est avec regret. Elle a mal digérée le fait de devoir s'effacer, de ne pas avoir le droit de nouer d'amitié avec les petites filles pourtant partante pour échanger dans la convivialité. Elle s'est senti défigurée par l'obligation de s'habiller selon la moralité de la maîtresse de maison. La solitude en compagnie du fils était à exclure et à intégrer comme habitude. Passer la journée à boire du thé couché dans le canapé, elle en a fait un souvenir qui ne la fait pas rire mais c'était la conduite à tenir. Pas préparé puis pas intéressé, elle a finit par déserter. Elle a subit l'encadrement d'une mentalité où la liberté d'être n'a pas à être. Alors elle est là, trop lasse de là bas, trop lointaine de cette rigueur qui lui a fait de la peine. Son téléphone sonne, c'est le fils, il en fait des tonnes pour qu'elle revienne. Il pense que pour lui c'est la bonne et l'harcèle pour retrouver la personnalité de Sofia qui lui a fait monter l'échelle de l'amitié entre étrangers, que lui considère comme l’aveu d'un désir d'être à deux. Nous continuons sur la même discussion, à la troisième vibration de son téléphone, elle me le tend pour que je donne une explication au garçon de sa famille d'accueil mais je lui dis de se débrouiller, que je ne peux la remplacer. Dans la continuité de son récit, je consume mes cigarettes au rythme cool de la nuit et je finis par aller me coucher quand notre interaction vient à manquer d'actions.

Mardi:

Mardi matin, je n'ai rien prévu, la médina ce n'est pas vraiment mon dada mais je sais que je n'ai pas tout vu alors je décide de retourner dans cette atmosphère qui va peut être m'emmener une fois de plus dans une galère. Je veux que mes pas m’emmènes à l’artère touristique, je veux voir le coin des touristes mais avant ça je dois traverser une partie de la médina où je me guiderais selon des choix dont la logique sera le hasard. Je sors de l’auberge de jeunesse, la rue est calme comme d’habitude, les passants sont absents et ceux présents marchent dans l’enfermement, à croire qu’ils en ont fait un serment. Les rues se rétrécissent, s’élargissent et n’offres que rarement un espace de liberté où l’impression d’être enfermé c’est évaporé. Une petite rue bordée de plantes se découvre sous mes yeux, c’est la première que vois dans cette tenue, normalement ici c’est exclusivement de la terre battue. Je vais voir un peu plus loin et au coin de la rue, je vois qu’elle a enfilé une autre tenue, celle de déchetterie, elle est obstruée de déchets sur une distance et une hauteur qui a du demander beaucoup de jeteurs. Obligé de faire demi-tour et de trouver un autre parcours. Après plusieurs minutes à marcher dans ces couloirs à ciel ouvert à la couleur terre, je tombe sur deux adolescents qui luttent contre l’effort et la chaleur pour amener leur livraison à destination. Ils portent chacun un meuble à la taille imposante pour leur gabarit et attaque une montée où il ne faut pas se laisser aller. Le premier a l’air de se débrouiller tandis que le deuxième est à la peine, son visage à l’image d’une page parlant de moments difficiles, sa sueur et sa rougeur accuse le poids d’un colis qui n’a pas trouver le bon porteur. J’attrape une partie du meuble et fait signe au jeune de le tenir à hauteur d’épaule et non pas à bout de bras pour garder son dos en bon état. La barrière de la langue engendre une impossibilité d’échanger verbale mais il voit bien mon geste comme un commencement de soulagement. Je partage son effort quelques minutes puis je bifurque en espérant être dans la direction de la rue où il y a le plus d'actions. Toujours plongé dans l'inconnu, dans une marche sans sens, j'avance seul, accompagné par le silence qui rythme la danse de ce labyrinthe. Les rues désertes défilent puis j'arrive sur ce tracé que je recherchais, celui qui est parsemé de commerces et qui commence par des restaurants où les rabatteurs ont un style d'amateur qui peut pousser à aller ailleurs. Il y a du passage et un certains nombre de visages sont blancs, ils attirent les commerçants comme les requins sont attirés par les bancs. Ils ne font que suivre leur guide officiel, leur visite est superficielle, elle n'est pas orienté par une vision de l'essentielle, leur rencontre est éphémère, leur parcours est chronométré, dans quelques heures ils seront rentré. La rue est débloquée, je retrouve la solitude de l'étranger qui ne m'avait pas quitté jusqu'à rencontrer ce tas de touristes encadrer par un programme où le terme expédier est une réalité. J'ai l'impression d'être interpellé, je regarde autour de moi et je tombe nez à nez avec les français qui étaient dans le taxi que j'ai pris à l'aéroport. Nous échangeons nos impressions et je me rends compte que nous avons en gros la même opinion, nous vivons un séjour pas des plus agréables mais en étant cool avec les personnes collantes, elles arrivent à comprendre qu'il faut qu'elles décampent donc ça reste vivable. Ils me parlent d'un magasin de poteries qui se trouve non loin d'où l'on est, il se trouverait dans un palais pas vraiment entretenue mais qui vaut le détour. Nous nous quittons, je pars trouver ce fameux palais caché. Je fais pas mal de rues et je ne le vois pas. Je décide d'abandonner pour l'instant car j'ai faim, en chemin je recroise le couple de français et leur dit que je n'ai pas réussi à trouver le potier. Ils sont étonnés, à ce moment, je repense à ce magasin qui m'a semblé être le bon mais qui pourtant ne m'a pas stoppé. Je retournerais là bas après mangé. Je retrouve mon repère alimentaire, le poste diffuse une chanteuse du pays à la voix mélodieuse, un jeune vient demander s'il peut avoir un ou deux beignets de pomme de terre et son action sera salutaire. Analysant les scènes tout en écoutant cette voix adoucissante, je comprends que ce voyage vaut la peine. Après avoir repris de l'énergie, je repars à la recherche de la poterie. Je continue de vagabonder, sans vraiment regarder, sans vraiment m'attarder pour éviter l'arrivé d'une personne mal intentionnée. Je chemine en n'ayant pas la mine d'une personne où le sourire domine, le temps passe et je me lasse, je n'ai décidément pas envie de rentrer dans un commerce, je décide donc de retourner à l'auberge. Je repasse par la rue principale pour passer par le cœur commercial de la médina. Un mec vient m'aborder, le disque se met en marche, en premier j'ai le droit au refrain du restaurant, en second, à celui du cannabis, vient ensuite celui des lieux à voir, mon attitude est la même que d'habitude, je réponds que je ne suis pas intéressé et je trace mais celui là ne me lâche pas. Suite à mes réponses, il comprend que je ne suis pas là pour dépenser de l'argent ni pour voir les trucs de touristes ce qui va l'emmener sur le chemin du conflit. Nous voilà arrêté dans la rue, entrain de discuter, pas un touriste en vue, quelques personnes squattent le coin, elles nous regardent et peut être nous entende. Je reçois un tas de critique sur ma façon de me comporter, il me dit à plusieurs reprise de "changer de visage", que je fais "parti de ces cons, de ces péquenots" et j'en passe mais après "péquenots" je ne l'écoute plus, je me demande juste comment mettre fin à cette discussion qui ne peut aboutir à première vue que sur la colère. Je ne sais trop pour quelle raison, je pense à mes cartes de visite qui ont l'adresse de mon site internet où je mets ce que j'écris, je prends mon portefeuille dans la poche basse de mon short, j'en sors une carte de visite, je la lui tend et lui dis " vas lire ce que j'écris et après tu réfléchiras à ce que tu viens de me dire", il la prend et la regarde de prés tête baissée avec un visage changé, plus enfantin, surpris, ne sachant quoi dire comme croyant recevoir la carte d'un Monsieur (c'est mon ressenti personnel qui peut être faux). Je pars, après avoir fait vingt mètres il m'interpelle, "comment tu t'appelles?", je lui réponds "Charles" à quoi il répond "enchanté", je réplique sa réplique et il rajoute "pour le moment". Cela peut servir d'écrire, d'être quelqu'un un minimum, sans ça je ne pense pas que la fin aurait était soft. Je n'ai rien demandé à personne, je critique personne, je suis respectueux et ce mec débarque et me fait la morale sur ma façon d'être, quelle personne bizarre, quel monde bizarre, à quoi bon ? , pourquoi ? , ais-je cassé un code ? , l'ais-je troublé ? , quels sont les effets collatéraux de cette interaction ? , ce peut être, le racisme, la baisse de touristes, le taux de chômage qui augmente, les entreprises marocaines cotés en bourse et ayant des activités au Maroc qui voit leur cour baisser, l'islam qui peut être mis dans le même panier par le fait qu'il fait parti des habitants d'un pays arabe, à la démocratie assez relative, ils sont loin de la Corée du nord, cependant difficile de faire pire que ce pays de zombies, faire en sorte que l'être humain devienne un robot c'est quand même un must dans le domaine. Les chinois aussi sont des robots mais eux peuvent se permettre de parler de conquête du monde et pour ce qui est du bien être de l'être humain, ils sont calés, c'est d'ailleurs grâce à cela qu'ils sont des machines, cette phrase n'est pas une éloge. Les marocains sont loin des français mais sa jeunesse s'en rapproche à grand pas selon moi, en espérant qu'ils gardent une bonne partie de leur culture, tous domaines confondus. (si vous n'êtes pas marocain et que vous sortez avec une marocaine au Maroc, soyez vigilant, l'amour n'a pas beaucoup de pouvoir des fois) J'arrive à l'auberge et écris ce qu'il vient de se passer et à ma grande surprise ça a l'effet de m'apaiser. Comme tous les soirs je vais m'acheter à manger, je reviens à l'auberge et quand je rentre, je tombe sur la patronne et foued qui sont entrain de discuter de l'islam, à propos des barrières que cela peut créer par rapport aux envies propres de chacun, sa débat gentiment. Je prends un peu part à la discussion, quelques secondes plus tard la porte d'entrée, qui est derrière moi, s'ouvre, et d'un seul coup la patronne et Foued arrête la conversation. Je me retourne et je vois un français plus musulman qu'un musulman, il a tout l'attirail. Je me dis tout de suite qu'il est là plus au nom de la guerre qu'au nom de la religion, si différence il y a entre les deux, il est accueillit par un deuxième mec du personnel qui l'emmène à sa chambre. La patronne dit à Foued et à moi un truc du genre « il est là pour quoi lui ? » tout en sous entendant pour partir ensuite intégrer un réseau, je suis d'accord avec elle, Foued lui ne dira trop rien. J'avais un pote au collège, Olivier, il parlait de l'islam des fois, une fois on était en cours de dessin et je lui avais dis qu'il fallait qu'il arrête d'essayer de convertir les gens et que ce n'était pas l'endroit. Il n'avait pas aimé, ceci dit je l'aimais bien quand même, il était tranquille. Je l'ai perdu de vue après le collège, ce n'est que 6 ans plus tard que je l'ai revu ou plutôt aperçu. Je passais régulièrement en voiture devant la mosquée de Jallieu à Bourgoin-Jallieu, habitant dans le coin et à plusieurs reprises on s'est aperçu lorsqu'il sortait de la mosquée. Il me saluait et j'en faisais de même, longue barbe et bourka, l'Olivier du collège n'avait changé que dans l'apparence, du moins c'est l'impression que j'ai eu. Peut être lui aussi avait-il fait un saut au Maghreb pour approfondir son savoir en la matière et si c'est le cas alors peut être que le gars de l'auberge, qui vient d'arriver, est là juste pour la religion. Un converti à l'Islam est-il plus dangereux qu'un converti au Bouddhisme ? Dans le bouddhisme, il faut donner de la nourriture à une statue... . Dans le christianisme on met sa vie entre les mains du christ qui est un homme, combien de mecs chrétiens sont anti-mariage gay ? Le soir je discute un peu avec Patricia et je discute aussi avec Hicham, je ne sais plus pourquoi mais il se met à me parler du film américain islamophobe qui était sorti en Hollande. Il me dit qu'ils ont touché au prophète, que c'est quelque chose qui ne se fait pas, ensuite il me parle des manifestations des musulmans en France qui ont étaient interdites, il me demande, pourquoi ? Pour les manif en France je lui réponds que l'islam et la France c'est compliqué, par contre je suis plus bavard en ce qui concerne le film états-uniens. Je lui donne ma vision, aux usa quand on fait un coup comme ça, c'est qu'il y a des effets collatéraux qui servent les intérêts de personnes très haut placés. En partant de ce principe, je vois le scénario ainsi, ils font un film énervant les musulmans qui répondent rapidement quand on touche à leur dieu, ils se « soulèvent » en France, ce qui énervent les personnes n'aimant pas les maghrébins, dont les ancêtres sont mort pour défendre un pays qui n'était pas le leur. Cela donne un peu de vent frais sur le fn, dans les pays du Maghreb ça fait baisser le taux de touristes, le taux d'argent et donc le cour boursier de certaines entreprises. Il faut savoir que la bourse, c'est le casino, les banquiers aux USA, partout dans le monde font des paris sur la baisse des cours donc si une entreprise marocaine à son cour qui baisse elle peut faire gagner de l'argent à une banque américaine. En gros les américains ont gagné et vous avez perdu. J'ai dis cela à Hicham, hormis le vent frais pour le FN, à la fin de ma micro thèse, il avait le regard penseur tout en étant étonné. Les grosses entreprises investissent dans des domaines très variés donc quand une est touchée, elle en affecte d'autre. Se servant toutes de piliers, les unes aux autres, elles sont toutes interdépendantes, avec évidemment des nuances d'échelles, quand l'une d'elle tombe elle fait mal à toutes les entreprises et fait grossir les banques maîtresses.

Mercredi :

Il est 10 heures, je décide d'aller voir la ville nouvelle et le quartier juif. Je m'apprête à quitter la chambre quand Patricia arrive, je lui demande ce qu'elle fait aujourd'hui, elle n'a rien de prévu alors je lui demande si elle veut venir et elle accepte. Le taxi nous pose, un ado nous interpelle pour nous faire visiter mais on lui dis que ça ira et n'insistera pas. Le quartier juif, a une rue où l'architecture est plus élaborée pour ce qui est des façades, il y a des balcons, des ferronneries, des vitrines et d'ailleurs en les regardants on pourrait appeler le quartier, le quartier des joailliers, ça collerait mieux. Nous traversons la rue commerçante et sortons du quartier, nous sommes dans une partie où il y a surtout des routes, de la terre et des lampadaires, nous cherchons l'entrée de ce qui nous semble être un parc quand nous voyons des mecs avec une vache sur le trottoir d'en face. Ce n'est pas tous les jours que je vois ça, surtout quand la vache commence à accélérer, qu'un des gars lui jette une pierre dessus, peut être dans l'idée de la calmer mais qui logiquement fait l'effet inverse. La vache part de plus belle, prend à gauche à l'intersection tout en restant sur le trottoir, avec ces cinq bergers citadins à ces trousses, je ne connais pas la fin de l'histoire mais c'est pas grave car le début m'a déjà bien plu. La balade continue, nous faisons demi-tour car apparemment ce que nous prenons pour un parc doit être un terrain privé. Nous passons devant un lycée, il y a quelques jeunes devant, l'ambiance, l'image est la même que chez nous, avec les voitures en moins et l'architecture d'ici. Nous montons dans un quartier qui a l'air tranquille, qui est populaire et où les touristes ne vont pas. Nous prenons le temps, aucune pression, comme il faut, c'est comme la médina mais en plus aéré, avec des bâtiments moins haut, il n'y a pas grand monde, ça vie gentiment. Nous montons et approchons d'un fourgon de policiers, il y en a deux qui sont devant et trois dedans, arrivé à leur hauteur, l'un des deux nous interpelle. Il nous dit que nous ne pouvons pas continuer car après c'est dangereux, il rajoute, des fois il y a des meurtres, je le regarde étonné, Patricia aussi, on le croit pas mais on est pas là pour se prendre la tête alors on redescend. De retour au quartier juif on se cale à l'ombre sur un parvis arboré, il ne fait pas froid à Fès plus qu'à Marrakech mais bien assez chaud pour que l'on décide de profiter de la micro fraîcheur provoquée par les palmiers. On reste là une bonne demi-heure, allongé chacun de son coté, sans vraiment parler, moi « estas bien », Patricia « estoy dormiendo » sera le seul échange. On est bien mais on a pas fini la visite et ce soir nous allons manger avec la cuisinière du riad donc on s'active. Pour aller du quartier juif à la ville nouvelle, il faut soit passer par le pont soit prendre à gauche en contrebas du pont où il y a un terrain vague avec deux trois bancs, c'est le chemin que nous empruntons. Nous sommes entrain de marcher quand un gars en vélo d'environ 25 ans passe à coté de nous et dis au passage « suck my dick, stupid girl » à Patricia, c'est gratuit, c'est bête et méchant mais surtout c'est blessant. Encore une fois, alors que l'on ne fait rien de mal, que l'on ne dit rien de mal, on est pris pour cible tel des crachoirs. Je ne dis pas grand chose, Patricia non plus, de toute façon il est parti mais je pense que sur l'instant on est tout les deux un peu dégoutté que ça se passe comme ça. Trente secondes plus tard un mec qui se trouve sur le pont nous interpelle. Au départ je fais style de ne pas l'entendre puis je m'arrête, il nous dit que le quartier juif est de l'autre côté à quoi je répond que l'on sait que l'on l'a fait, ensuite il se met à me dire « Funky Fès », c'est le nom du riad où l'on est. Je fais style que je ne comprend pas ce qu'il me dit puis il se répète, après il me dit la même chose que le gars qui m'a gavé dans la médina « change de visage ! », à plusieurs reprises, il faut croire que je dois avoir une expression du visage qui rabaisse les gens. La scène dure une, deux minutes puis le mec finit par partir, comment peut-il savoir dans quel riad je suis, il y en a plein des riads, je me demande si c'est une bonne idée d'aller dans la ville nouvelle, je me demande si des gars m'attendront devant le riad quand on va rentrer, si il y en aura demain, si c'est une bonne idée d'aller en ville ce soir avec Kadija. Deux fois en deux jours, je pars demain et heureusement. Nous arrivons au centre ville, un grand boulevard en deux fois deux voies, des grands trottoirs, des terrasses de cafés, des arbres, des bâtiments au style occidentale, seule la poussière, les déchets et la finition de la voirie et des bâtiments me change de la France. Nous faisons un peu le tour, rien de vraiment intéressant, nous décidons de s'arrêter boire un coup sur le grand boulevard, qui comme le reste, est vide de touristes. Une fois installé, Patricia me dit qu'elle m'a beaucoup parlé d'elle mais qu'elle ne sais rien sur moi, qu'en fait je suis peut être un criminel, un fou, elle n'en sais rien, ça me fait sourire tout autant qu'elle. Je lui raconte un peu ma vie, ce que j'ai fais, pourquoi je voyage et c'est vrai que c'est une bonne chose, maintenant elle aussi c'est à peu près avec qui elle est entrain de visiter un point du monde qu'elle ne connaît pas. Ce moment est agréable, personne ne triche, on est là tranquille, ce n'est pas un rendez-vous sorti d'un site de rencontres, on a pas à répondre à quelques intérêts que ce soit, sans peur elle m'a suivit dans mon idée ce matin, sans hésiter comme si ceux qui partent seul dans cet endroit sont fait pour s'écouter et partager. J'aimerais tellement que ça se passe comme ça chaque matin mais en fait nan car ça deviendrait une routine et quand un moment semble se répéter il n'y a plus rien à repérer et c'est les repères qui nourrissent la base de données que nous appelons « mémoire », de là peut s'effectuer l'ouverture d'esprit. Ce soir nous sommes invités par kadija, elle nous a proposés d'aller dans un bar avec sa sœur et sa cousine et ensuite d'aller manger donc nous ne nous attardons pas au café. On prend un taxi, Patricia parle avec le chauffeur, qui lui dit pour je ne sais plus quelle raison, « i don't like french » et le chauffeur sait que je suis français, voilà comment on met des frontières entre les gens. Il n'aime pas les français mais le fait qu'ils les prennent dans sont taxi prouve bien que l'argent n'a pas d'odeur, l'argent est plus puissant que sa personnalité car sinon il ne m'aurait pas pris, juste pour respecter sa pensée mais la vérité c'est qu'il parle juste pour parler. Arrivé à l'auberge, Patricia fait sa vie et moi je me met à jouer à un jeux que je ne connaissais pas avec un gamin qui est tout le temps là, il doit être le fils de la propriétaire. Il m'explique comment ça marche, nous faisons une partie puis une deuxième mais elle est interrompue car Kadija me dit que le bus que l'on doit prendre va bientôt passer. Elle va chercher Patricia puis nous partons au café rejoindre sa sœur et sa cousine. Le café se trouve non loin de l'artère principale dans une rue où il y a des bâtiments en construction et de vieux bâtiments. La devanture et la décoration du café est tendance, le tout reflétant un travail qui manque de précision mais ça passe bien quand même. Nous montons à l'étage, qui est une mezzanine et nous mettons à la table qui à vue sur le rez de chaussé. Je ne trouve pas grand chose à dire, normalement je n'ai pas besoin de chercher mais là pour je ne sais quelle raison ça bloque. Je note intérieurement tout ce qui me paraît différent. La sœur est moins pudique, sa tenue vestimentaire ne cache pas tout contrairement à Kadija, qui malgré la chaleur à une tenue qui ne laisse rien paraître. Ceci dit la tenue de kadija épouse les formes de son corps, pour ce qui est du haut. La cousine est celle qui dénote le plus de la tenue traditionnelle, elle sort tout droit d'un magazine de mode, tout en restant dans le sobre. Elle fait des photos de temps en temps, ceci explique cela. A elles seules, elles cassent bien des préjugés et je ne parle là que de l'apparence. La sœur est fan de sms, son portable n'est vraiment pas là pour faire de la décoration, au Maroc aussi il y a la nouvelle génération. Elles commandes des sodas, made in USA bien sûr, le thé à la menthe est un symbole nationale ici, en tout cas c'est comme ça que je le perçois mais il semblerait que le temps est au changement. Je leurs demande si il y a des boites ici, elle me répondent que oui mais que ce n'est pas comme en France, c'est surtout pour danser et être entre amis. Chez nous, on y va surtout pour se mettre rond complet, voir se battre, des fois y trouver une copine d'un soir mais surtout pour combler un gros manque d'idées en matière d'occupation. Le shit et la weed sont proscrits mais l'alcool est servie. L'Amérique latine, centrale, le Mexique, les pays arabes et les pays d'Asie du sud sont le mal tandis que les pays du nord sont le bien. La vodka et le AK 47 sont des piliers de qualités dans un ordre financier. Celui qui fait la guerre dira vouloir la paix, les phrases de non sens sont loin de nous foutre la paix. Nous discutons de choses et d'autres, nous finissons nos boissons et partons à la périphérie du centre ville pour aller manger dans une sorte de kebab qui n'a rien envier à ceux de France, loin de là. Je dis kebab car je ne sais pas quel nom donné, je pourrais très bien dire snack ou sandwicherie. Nous y allons à pied, nous entrons dans une partie de la ville où les rues sont désertes et où il n'y a aucun commerces. Je pense aux enlèvements dont parlent régulièrement les chaînes d'informations et même si je sais qu'elles en font beaucoup trop, je commence à me faire des films. Nous marchons, la nuit est tombée, Kadija, sa sœur et sa cousine parlent entre elles, tandis que moi je me demande où es ce qu'elles nous emmènent, le coin ne me paraît pas très accueillant mais la vérité c'est que l'ambiance est la même que dans un quartier résidentiel français mais avec un éclairage et un décor plus austère. Comme quoi je peux être sujet à la parano, voyager permet d'éclairer certaines zones d'ombres de sa personnalité. Après quelques minutes de marche nous arrivons dans une rue principale, c'est ici. Il est possible de s'installer sur le trottoir ou à l'intèrieur, la déco et l’éclairage sont tout à fait correct, la clientèle est jeune et donc l'ambiance n'est pas mortelle, en fait nous sommes dans un lieu aimé des habitants du coin, autrement dit « une bonne adresse ». Une personne nous amène des cartes, elles ne sont pas traduites en français puisque les touristes ne viennent pas là, alors je fais l'étranger et demande à mes hôtes qu'elles m'expliquent ce que sont les différents sandwichs. Je ne peux pas vous dire ce que j'avais mangé, ce n'est pas dans mes notes mais il me semble que cela m'avait plu. Le repas se passe, nous discutons de choses et d'autres dans une ambiance chaleureuse puis une fois finit arrive bientôt le moment de partir. Nous parlons encore un peu puis quittons le kebab, Kadija intercepte un taxi, nous nous disons au revoir et montons dans le taxi. Kadija a proposée à moi et à Patricia de nous présenter ses parents demain soir, moi je pars demain et Patricia reste une journée de plus normalement, elle ne s'est pas trop si elle a envie d'y aller. Qui en France, vous propose de rencontrer sa famille, alors que vous ne vous vous connaissez à peine ? Les marocains ont-ils moins peur que nous ? Un algérien m'avait donné sa carte et m'avez proposé de venir chez lui et de me faire visiter Constantine qui apparemment vaut le coup d’œil, je l'ai jamais appelé, pourtant j'aurais pu me rendre en Algérie pour quelques semaines. Pour ce qui est du partage, la meilleure école ne se trouve pas du coté nord de la méditerranée. De retour à l'auberge, nous allons nous coucher, demain c'est le jour du départ du retour.

Jeudi :

Je prends le taxi, qui est le même que la veille, tant mieux je l'aime bien. Il me pose à la station de bus où je dois prendre le bus qui se rend à l'aéroport. J'attends plusieurs dizaines de minutes puis ne voyant pas arriver le bus, qui n'existe pas ou qui passe qu'une fois par jour ou que j'ai loupé, ce dont je doute, je décide de prendre un grand taxi pour être sûr de ne pas louper mon vol, c'est plus cher que le bus mais moins qu'un deuxième billet d'avion. Me voilà de retour à l'aéroport, l'évasion est finit, dans quelques heures je serais de retour dans une ambiance occidentale, vais-je avoir un contre-coup, on verra.